Archive pour photo

où le lecteur est initié à l’art de la filature

Posted in flics et privés, lecteur à la rescousse, marquise, Yann-Erwann with tags , , , , , , , on janvier 21, 2010 by michel brosseau

Exit la marquise sortie la veille à dix-sept heures, parce qu’évanouie le lendemain matin quand lui apparut le visage de Vanessa. En stand by Emma Saint-Nazère, veuve de la Bôle. Trop d’émotions : la bonniche strangulée, et ça le jour même où son marquis de mari se fait raccourcir dans des circonstances on ne peut plus étranges. Sans compter cette bague aux armoiries du marquis retrouvée en possession de la Vanessa sans qu’on sache pourquoi. Et puis le ventre vide ! N’avait rien dans l’estomac depuis combien d’heures la pauvre Emma ? Elle serait morte, on pourrait vous le dire. Une autopsie et hop ! tout s’éclaire : jambon beurre ou rillettes cornichons, réserve du patron ou grand millésime… Tandis que là, seulement évanouie, on ne peut que conjecturer. Ou, aussi sagace qu’Alfonsi, nous enquérir auprès de Yann-Erwann de l’emploi du temps de la marquise la veille au soir. Et accessoirement de son régime alimentaire. Il suffit de suivre le privé à l’imperméable crasseux. Et, de fait, nous accorder la double magie de l’ubiquité et du flash back. Après tout, pourquoi lésiner ? Il n’y a qu’à d’entrer dans le bistrot où il vient de pénétrer. Pas aussitôt, non. Laissons passer un peu de temps. Qu’il ne se doute de rien. Le temps de noter discrètement sur le carnet qui ne quitte notre poche le nom du bistrot : bar de l’Univers. Ensuite, l’air dégagé, s’avancer droit vers le zinc. Se placer à distance raisonnable du privé afin de pouvoir entendre ses propos s’il en tient. Remarquer qu’à cette heure (dix-heures vingt trois à la pendule qui orne un des murs), Alfonsi carbure à la pression. Longue gorgée sans prendre le temps, semble-t-il, d’analyser quoi que ce soit quant aux impressions déclenchées par celle-ci. D’un revers de main, essuie la mousse déposée au-dessus de sa lèvre supérieure. Plonge la main droite dans la poche intérieure de son imper. En ressort une photo. Dix heures vingt-cinq à la pendule offerte par un maître brasseur. « Dites, vous connaissez ce gars-là ? » Le privé regardait par en dessous le patron qui, un à un, essuyait ses verres, jetant un œil impassible au cliché. « Yann-Erwann, oui, il vient ici de temps en temps. Plutôt le soir, pour l’apéro. » « Vous l’avez vu récemment ? » « Oh ! je dirais que ça fait bien une bonne quinzaine qu’on l’a pas vu. D’ailleurs, on en parlait, l’autre jour, avec ma femme. Il aurait déménagé, il nous l’aurait dit quand même. Pas le genre à se barrer sans payer son coup aux copains ! » Dix heures vingt-sept. Demi cul sec. Monnaie au comptoir. Vous n’aurez pas le temps de terminer le café trop chaud que vous aviez commandé.

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