Archive pour lettres

où la marquise rentre chez elle

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquis, marquise, Vanessa, Yann-Erwann with tags , , , , , , , , , , , on février 5, 2010 by michel brosseau

« Avec un patronyme pareil, il n’est pas étonnant que ce commissaire soit enrhumé tout le temps… Bien qu’on puisse plutôt s’attendre à ce qu’il pleure tout le temps… Mon Dieu, mais quelle horreur que ces lieux… !

Allons, ce n’est ni l’heure ni le moment de faire de l’esprit, madame la Marquise de la Bôle… Mais pourquoi donc suis-je sortie hier, vers dix sept heures ? Pourquoi ? … Certes, personne ne m’a vue, mais quelle mouche a bien pu me piquer d’aller chercher Yann-Erwann à la gare ? Oh, Yann-Erwann, où êtes-vous donc, mon ami, mon chevalier, mon aimé ? … Et cet ordinateur qui ne veut pas s’allumer… Mon Dieu, mais pourquoi les objets se mettent-ils toujours en travers de mon chemin ?… Et ce détective qui laisse traîner son verre n’importe où… Mon Dieu, quelle heure est-il ? … Six heures… Six heures… Et cet écran qui… Emma, ma fille, gardez votre calme… ! … Ah, voilà, ici, le mot de passe… Ah… Voilà, alors voyons, où en étions-nous ?… Ce dossier « Collectif Burma », je clique deux fois sur cette petite image… Voilà… Ah André, cher André… Vous, toujours si méticuleux, vous n’en aurez plus guère l’occasion, cher… je ne comprends pas comment cette petite bonne a pu vous aguicher ainsi, tant qu’à lui remettre cette bague… Sa jeunesse ? Sa croupe avenante ? Non… Toujours est-il que vous en avez perdu la tête… Ah ah… Allons, tout va très bien, madame la Marquise, à présent… Alors, voyons… Je ne comprends pas… Je n’y comprends rien… Et le téléphone qui sonne à présent… Mon Dieu… Allo ? … Oui, c’est moi… Oui, ah, Marie-Mathilde, mon enfant, comment vous portez-vous ?… Oui, hélas, un accident de la circulation…Oh mon Dieu, je ne sais pas, il repose à la morgue… Oui, mon enfant, je vous promets de rester zen, comme vous dites, oui… Oui, très bien, je vous… Dès que j’en sais plus… Voilà, oui, voilà… Oui, au revoir mon enfant, oui… Non, ma chérie, je n’ai besoin de rien, vous êtes gentille… Non, voilà… Oui, au revoir… Ah quelle charmante jeune fille, André avait raison, oh mon Dieu, comme il l’aimait cette petite… Mais voyons, l’heure tourne, madame la Marquise…

Voyons… Une lettre ? Un tract ?… Qu’est-ce que c’est ? …

« NOUS NOUS ENGAGEONS A TOUT FAIRE POUR QUE LA FICTION, TEMPORAIREMENT DEVENUE L’ARME DES PUISSANTS SOIT ARRACHEE A CEUX-CI ET REDEVIENNE L’ARME DE SUBVERSION QU’ELLE N’AURAIT JAMAIS DU CESSER D’ETRE… »

Que voilà donc une belle prose, s’il fallait signer, ce serait de mes deux mains… ! Et ici, la liste des participants du collectif… ? Mon Dieu… ! Voilà, ici, je clique deux fois sur… Mais… mais qui êtes-vous ?… Que me voulez-vous ? Au secours !!! A l’aide… !!!»

PCH, avec qui nous avons aujourd’hui pratiqué les vases communicants

Participent aussi à ces échanges tous azimuts:

les marges et paumée
aedificavit et tentatives
futiles et graves et Juliette Mezenc
à chat perché et rv.jeanney
lieux et Arnaud Maïsetti
l’employée aux écritures et les hublots
le blog à Luc et enfantissages
Kouki et biffures chroniques
soubresauts et kafka transports
tiers livre et fragments, chutes et conséquences
scriptopolis et CultEnews
liminaire et litote en tête
les lignes du monde et abadôn
Pantareï et Eric Dubois

où le collectif Burma explicite ses intentions

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquis, marquise, Yann-Erwann with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on février 2, 2010 by michel brosseau

Selon les dernières informations en notre possession, madame la marquise de la Bôle, lorsqu’elle sortit, la veille, aux environs de dix-sept heures, ignorait encore l’existence du collectif Burma, et ne se doutait sans doute même pas que son marquis de mari ait pu avoir pour mission de traquer de pareils individus. Fatale ignorance ! Fatale insouciance ! Comment avait-elle pu ainsi vaquer à ses aventures extraconjugales (sans néanmoins trouver là source à l’écriture d’une ribambelle de romans, faisant ainsi preuve d’une retenue que l’on ne peut que louer) tandis que dans l’ombre de quelques appartements miteux, qui sait même, peut-être dans des caves d’habitations à loyer modéré, ou dans les arrière-salles de quelques gargotes interlopes, de mystérieux activistes fomentaient leurs noirs et terribles desseins, ainsi que pouvait le constater Lognon qui, discrètement, venait de se placer près du patron afin de lire par-dessus son épaule la lettre retrouvée par Alfonsi dans l’une de ses poches, tandis que, quittant l’appartement de Yann-Erwann, etc. :

PARIS, LE 24 AVRIL 2007

NOUS, MEMBRES DU COLLECTIF BURMA, PASSÉS À LA CLANDESTINITÉ POUR FUIR LES ACTIONS BARBOUZARDES DE L’ÉTAT FRANÇAIS, AFFIRMONS NOTRE INTENTION DE LIBÉRER LE CHAMP POLITIQUE DE TOUTES LES FORMES DE FICTIONS ACTUELLEMENT EN COURS.

NOUS NOUS ENGAGEONS NOTAMMENT À TOUT FAIRE POUR QUE LA FICTION, TEMPORAIREMENT DEVENUE L’ARME DES PUISSANTS, SOIT ARRACHÉE À CEUX-CI ET REDEVIENNE L’ARME DE SUBVERSION QU’ELLE N’AURAIT JAMAIS DÛ CESSER D’ÊTRE !

NOUS NOUS DÉCLARONS PRÊTS À UTILISER TOUS LES MOYENS À NOTRE DISPOSITION POUR LUTTER CONTRE :

L’ÉCRITURE DU ROMAN NATIONAL ET DE SON PENDANT IDENTITAIRE

L’ACCAPAREMENT DU PICARESQUE POUR LE MARKETING POLITIQUE

LES ÉPOPÉES GUERRIÈRES ET ANTI-TERRORISTES

LES FEUILLETONS JUDICIAIRES

LE DÉTOURNEMENT DU TRAGIQUE À DES FINS D’ANALYSES ÉCONOMIQUES…

LE TEMPS DE L’INSURRECTION RHÉTORIQUE EST VENU !

Même s’il n’avait pu que survoler les dernières lignes, son épatant appendice nasal l’ayant obligé – qui, parmi vous, ne l’avait deviné ? – à s’écarter brusquement de son supérieur hiérarchique, Lognon était désormais convaincu qu’il se trouvait chargé d’une affaire hors norme. Quand Milan Moneste apprendrait ça !…

où l’on épargne des redites au lecteur, et où celui-ci en apprend un peu plus sur le marquis de la Bôle

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquis, marquise, Vanessa, Yann-Erwann with tags , , , , , , , , , , , , , , on février 1, 2010 by michel brosseau

Lognon se devait de commencer par le commencement : la marquise, la veille, était sortie de chez elle aux environs de dix-sept heures, pour aller à la gare Montparnasse où, etc. Vous comprendrez aisément, lecteur, que nous coupions illico court à ce récit, préférant perdre énormément en réalisme plutôt que vous importuner par des redites ! Bref, en un mot comme en cent, allons à l’essentiel, et intéressons-nous à ce que déclara le commissaire quelques minutes plus tard : « L’affaire se corse, patron… Jamais, au départ, je n’aurais imaginé qu’elle prenne un tour aussi complexe. Parce que, si Jean Valgrand est mêlé à cette histoire…. J’ai comme un mauvais pressentiment. Rien de précis, pour l’instant, mais… Parce que vous comprenez, la mort d’un homme comme le marquis de la Bôle… Un homme de sa stature… Ce n’est tout de même pas rien, qu’un ambassadeur itinérant… Vous voyez ce que je veux dire ? Et puis ses relations !… Je ne sais pas, mais, on me dirait que le marquis n’est pas mort accidentellement… Qu’on a forcé un peu le destin, si vous voyez ce que je veux dire… Parce que les hasards s’accumulent, tout de même ! Ils s’accumulent même trop, à mon goût… Allez m’expliquer ça : primo, la bonne du marquis qu’on retrouve strangulée le jour où André de la Bôle meurt dans cet… « accident »… deuzio, l’amant de sa femme qui disparaît sans laisser de traces jusqu’à ce jour, et troizio, dans l’appartement de celui-ci, qui retrouve-t-on comme par hasard ? Le privé Alfonsi, employé par le marquis de la Bôle pour surveiller sa bonne… Alfonsi, assommé dans une baignoire, avec dans sa poche une lettre signée par un certain collectif Burma… » Le patron pâlit soudainement. Réajustant son nœud de cravate tout en se levant de son fauteuil, il vint tapoter l’épaule de Lognon et, le toisant de toute sa hauteur, lui déclara d’un ton paterne : « Je vois que vous en savez déjà beaucoup, commissaire. Encore une fois, vous avez su montrer à quel point vous êtes un fin limier, comme l’on dit dans les romans populaires !… Et je ne peux que vous en féliciter. Mais il est aussi de mon devoir de vous avertir, et ce, tout autant afin de vous protéger que de permettre à l’enquête de se dérouler au mieux : vous touchez là à un domaine extrêmement sensible, mon brave Lognon. Comment vous dire ? Ce collectif… » Le patron fit quelques pas dans son bureau, comme hésitant à poursuivre. Puis, après avoir glissé sur le parquet avec l’aisance du danseur mondain, il se campa devant Lognon et lui dit : « Inutile de tergiverser !… Au vu de ce que vous savez déjà, autant ne rien vous cacher ! André de la Bôle n’était pas un retraité ordinaire. Connaissant ses états de service irréprochables, quelques-unes des plus hautes personnalités de la République avaient décidé de lui confier une importante mission, une mission capitale : monsieur le marquis était chargé de surveiller les agissements du collectif Burma, et même d’employer tous les moyens nécessaires pour en éliminer les membres. Oui, les éliminer Lognon. Parce que ce collectif Burma représente un immense danger, Lognon. Immense !… Mais, dites-moi, cette lettre…»

où l’on ne s’attend guère à écouter du rock’n’roll

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquise with tags , , , , , , , , , , , , , , on janvier 30, 2010 by michel brosseau

Alfonsi venait d’extraire de la poche de son imperméable crasseux et désormais déchiré une feuille de papier froissée sur laquelle la marquise tenta de loucher mais sans succès car, comme l’ont fait maintes fois remarquer les fabulistes et comme l’illustrent tant de nos expressions populaires, si l’important est de participer, tenter ne signifie pas toujours réussir : aussi Emma admit-elle dans un premier temps son échec, puis, grâce à la force de caractère que chacun lui connaît, sut aussitôt trouver un peu de réconfort à l’idée que la veille, au moins, elle était parvenue à sortir sans encombres de chez elle aux environs de dix-sept heures. Lognon s’apprêtait à lire la missive signée du collectif Burma lorsque retentit la guitare de Keith Richard en personne, créant la surprise. Médusés par le surgissement de ces quelques notes, que Décembre et Alfonsi identifièrent aussitôt comme étant le riff du Satisfaction des Rolling Stones, tandis que madame veuve de la Bôle affichait une moue pleine de mépris et de dédain, tous comprirent l’origine de cette musique, incongrue en pareil lieu, lorsque le commissaire se dirigea vers le porte-manteau, farfouilla dans l’une de ses poches et en retira, outre un paquet de mouchoirs en papier, son téléphone portable. Décembre, qui connaissait son supérieur peut-être mieux encore que lui-même – il lisait en effet tous les romans qu’écrivait, en s’inspirant très largement des enquêtes et de la personnalité de Lognon, un certain Milan Moneste* – s’aperçut de la pâleur qui, un instant seulement, envahit son visage à la vue du numéro affiché sur son mobile. « Allo, oui… bien sûr, patron, bien sûr… vous voulez dire tout de suite ?… parce que, vous savez, au sujet de l’affaire de la Bôle… oui, la bonne strangulée… j’ai du neuf !… et en ce moment même dans mon bureau… très bien… immédiatement !… bien, monsieur… en effet… à tout de suite, monsieur… mais très certainement… » À peine son téléphone fut-il remis à l’intérieur de sa poche, Lognon, la mine visiblement contrariée, s’adressa à son inspecteur: « Décembre, tu me gardes tout ce monde au frais : le patron veut me voir d’urgence ! Ne m’en demande pas plus, mais j’ai comme l’impression que ça gigote sec dans les hautes sphères !… » Emma ne put s’empêcher de sourire, imaginant aussitôt que son avocat et son ami directeur de cabinet… Mais le commissaire, apercevant sa mine réjouie, ne lui laissa pas le temps de savourer son plaisir : « Désolé de vous décevoir, ma pauvre dame, mais je crois bien que vous avez été entraînée dans une histoire qui vous dépasse largement. Comme m’a dit mon oncle Édouard sur son lit de mort, je m’en souviendrai toujours, c’était le 12 mai 67, je venais de passer le concours d’inspecteur : « N’aie jamais honte de ton nouveau métier, Lassoupah – il aimait bien m’appeler comme ça, Lassoupah, il disait que c’était le prénom d’un ami qu’il avait eu au Bouthan, un type qui lui avait sauvé la vie quand il participait à la croisière jaune – Lassoupah, qu’il m’a dit, en devenant inspecteur, tu t’apprêtes à côtoyer les nouveaux héros des temps modernes, les Labdacides de l’ère post-industrielle… » Ah ! Il avait le sens de la formule, le tonton… » Lognon les regarda quelques instants, rêveur, puis brusquement ramené à la réalité par son épatant appendice nasal, il quitta le bureau mouchoir en main et d’un pas ferme et décidé.

*le lecteur internaute consultera avec profit la série des romans de Milan Moneste, tous parus aux éditions de l’Équinoxe amer ; à lire en priorité : L’horreur aux doigts de rose, Nuit noire et blanc sec

où le privé récemment tabassé a des choses à dire et à montrer

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquise, Yann-Erwann with tags , , , , , , on janvier 29, 2010 by michel brosseau

Ce n’était pas tout d’être sortie la veille à dix-sept heures, encore faudrait-il pour la marquise pouvoir rentrer le lendemain à une heure encore raisonnable. Parce que le temps avait beau passer lentement dans le bureau de Lognon, il passait néanmoins, inexorable. Vraiment, on aurait pu croire qu’ils n’avaient que ça à faire, tous autour d’elle. Décembre avait à peine fini de raconter ce qui s’était passé dans l’appartement de Yann-Erwann – « mon dieu ! pourvu qu’il rentre vite !… » – que le commissaire s’adressait à cette épave d’Alfonsi sur un ton plus que suspicieux, avec dans le regard et l’intonation une sorte de goguenardise chafouine et malintentionnée : « Et vous vous trouviez là par hasard, bien entendu. Vous vous êtes dit : « Tiens ! Si j’allais visiter l’appartement de Yann-Erwann pendant son absence… » C’est bien cela, Alfonsi ? » Le privé alluma une cigarette avant de commencer, les yeux mi-clos tant par la fumée que par les coups qu’il avait reçus le matin : « Tout ça est un peu compliqué, commissaire. Si j’osais, je dirais même alambiqué… Oui, vraiment, on touche ici à la quintessence de l’intrigue policière. Et je ne sais pas qui nous a fourrés dans un tel micmac, mais si je le tenais, je peux vous dire que je lui ferais passer un sale quart d’heure !… Mais soyez patient, commissaire, je finirai par vous expliquer pourquoi je me suis retrouvé assommé dans cette baignoire, promis ! Seulement, pour l’instant, je crois que je possède en stock des informations qui vous intéresseront bien davantage. Asseyez-vous, commissaire : non pas que ce sera bien long, mais quand vous saurez enfin où je voulais en venir… » Lognon lui fit signe d’abréger. « Oui, venons-en aux faits. La seule chose dont je me souvienne clairement, c’est mon arrivée chez Le Bris. Moi aussi, j’avais remarqué ce type derrière sa fenêtre, en train de bricoler derrière son tour. Faut dire qu’il a une tête pas banale, mais bref !… J’arrive devant la porte de l’appartement, je bricole un peu la serrure – facile, vraiment facile – je fais vite fait le tour du propriétaire, et là, je me dis qu’il fallait d’abord sentir le lieu, ses ondes… Surtout que j’étais venu là sans savoir précisément ce que je cherchais, alors dans ces cas-là, je préfère prendre mon temps. Je me suis permis de me servir un verre dans la cuisine, et là j’ai commencé à réfléchir, tranquillement. C’est mon temps de méditation, comme j’appelle ça. Et c’est à ce moment-là qu’on m’a attaqué par derrière. Malheureusement, j’ai rien vu de mes agresseurs : les volets de la cuisine étaient clos et comme j’aime bien méditer dans l’obscurité… Une chose est sûre, c’est que je devais avoir l’intention de me servir un coup à boire quand ils m’ont surpris, vu qu’on a retrouvé la bouteille de bourbon brisée au pied de la baignoire. Ou à moins que je m’en sois servie dans la bagarre… Mais tout ça est tellement flou, vous comprenez… Par contre, il y a un point positif dans cette mésaventure. Si, si… Voilà, quand l’inspecteur m’a expliqué que je devais le suivre jusqu’à votre bureau… » Mais autant résumer le propos d’Alfonsi qui, l’esprit encore brouillé par l’alcool et les coups qu’il avait reçus, et, qui plus est gêné de devoir parler de ses ruses d’alcoolique, multiplia digressions et parenthèses avant d’enfin expliquer que, souhaitant ne pas incommoder le commissaire Lognon par son haleine, l’épatant appendice nasal de celui-ci étant, malgré ou à cause de son rhume permanent, extrêmement sensible, il chercha dans la poche de son imperméable déchiré le paquet de chewing-gum menthe extra forte qu’il savait devoir s’y trouver, et, farfouillant d’un geste mécanique, eut la surprise de découvrir cette lettre qu’il remettait maintenant au commissaire Lognon, sous les yeux stupéfaits de Décembre : « Ça devrait vous intéresser, non ? Une lettre signée du collectif Burma… »