Archive pour héraldique

où téléphone et web croisent l’héraldique

Posted in flics et privés, marquise with tags , , , , , , , on janvier 16, 2010 by michel brosseau

Sortie, selon ses dires, la veille et à dix-sept heures, ce qui, vous l’avouerez peut paraître surprenant de sa part (n’avait-elle pas exprimé son souhait de plus jamais mettre les pieds dehors à une heure pareille, et ce publiquement qui plus est, comme vous pourrez le constater en grâce à la magie d’Internet, outil qui, vous le savez, a révolutionné notre quotidien, et dont chacun use comme il l’entend, pour le meilleur ou pour le pire : pour notre part, nous avons humblement choisi de le mettre au service de la vérité), la marquise ouvrait la porte du bureau lorsque le répondeur se mit en marche : une voix hésitante et un peu nasillarde, la voix d’un homme enrhumé dont la prononciation défectueuse et le débit saccadé l’avaient empêché de percevoir clairement le nom, s’empêtrait dans des formules d’excuses convenues: parce qu’en effet la déranger si tôt, au vu des circonstances et dans pareille épreuve etc. Emma décrocha. Son interlocuteur s’appelait Lognon, le commissaire Lognon, en charge de la brigade spéciale du quai des Orfèvres. On avait retrouvé, la veille, dans l’arrière-cour d’un immeuble situé rue de la Folie-Méricourt, le corps d’une jeune femme assassinée par strangulation. « Je me permets de vous appeler, Madame, parce que, n’ayant retrouvé aucune pièce d’identité dans les poches de la victime, et celle-ci n’étant répertoriée dans aucun de nos fichiers, vous seule pouvez nous aider… » Interloquée, la marquise ne dit mot. Décidément, rien ne lui serait épargné ! «Je m’explique, Madame : la jeune femme en question portait à son annulaire gauche une bague, très belle d’ailleurs, que nous avons fait examiner par nos spécialistes de l’Identité Judiciaire. Et il s’est révélé, après une nuit entière de recherches, et bien des tâtonnements, que le motif gravé sur ce bijou représente le blason de la famille de La Bôle : d’hermine, à la bordure componée de gueules et d’argent. » André aurait-il osé ? Emma, en proie aux doutes les plus horribles, n’écoutait plus Lognon que d’une oreille distraite. Que lui importait qu’une voiture de police passerait bientôt la chercher?

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