pause dominicale

Posted in Uncategorized on juin 13, 2010 by michel brosseau

Pause dominicale. Si l’on souhaite connaître en avant première la fin de ce feuilleton, on peut passer dimanche à Polar en plein cœur (espace culturel des Blancs Manteaux, à Paris), sur le stand des éditions du Barbu.

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où l’on retrouve le commissaire Lognon ligoté et en petite forme

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquise, Milan Moneste, Vanessa with tags , , , , , , , , , , , , , on juin 12, 2010 by michel brosseau

Très certainement notre marquise sortie deux jours plus tôt aux environs de cinq heures soi disant pour cause de salon de thé aurait-elle affiché un sourire de satisfaction si, par l’un de ces hasards rocambolesques auxquels nous nous refusons d’avoir recours, soucieux que nous sommes de conserver à ce feuilleton, comme en témoigne notamment le post précédent, un fort ancrage dans le réel, elle eût aperçu Lognon, assis à même le sol cimenté de l’entrepôt, attaché au moyen de cordes grossières et néanmoins fortement serrées à un pilier métallique que la rouille commençait à ronger insidieusement, gagnant progressivement du terrain tout comme le doute et peut-être même le désespoir, ou du moins un sentiment qui y ressemblait fortement, et qui lentement mais sûrement s’immisçaient au plus profond  du commissaire. La paupière alourdie par le manque de sommeil, l’esprit agité par mille suppositions, hypothèses et conjectures qui, à peine s’étaient-elles présentées, se voyaient chassées par les faits implacables qu’il avait soin de se remémorer aussi souvent qu’il le pouvait, ce qui n’était pas une sinécure étant donné que nous voilà tout de même parvenu au quarante-quatrième épisode, et les nerfs mis à rude épreuve non seulement à la vue du pauvre Lapointe abandonné inconscient à quelques mètres du pilier auquel on l’avait ligoté, mais aussi à l’idée qu’il ne pourrait pas fumer de pipe avant un long moment, ce qui, pour le fumeur invétéré qu’il est ne représente pas la moindre des épreuves, sans oublier son estomac vide puisque, depuis les sandwiches de la nuit précédente, il n’avait pas pris le temps d’avaler quoi que ce soit, trop pris par son enquête, professionnel jusqu’au bout de ses forces, et ne rentrant pas comme certain que nous ne nommerons pas ici déjeuner auprès de bobonne, Lassoupâh broyait du noir, accablé par l’impuissance à laquelle il se voyait réduit. Si seulement il avait pu se saisir de son téléphone portable et prévenir par texto Milan Moneste… Lui saurait très certainement comment le sortir de ce guêpier… Ses romans ne regorgeaient-ils pas de situations aussi inextricables que celle-ci, auxquelles à chaque fois il trouvait une solution ? Ah ! si seulement… Lognon en était là de ses pensées quand soudain, entendant des pas qui s’approchaient il leva les yeux et, ne croyant pas ces derniers, crut l’espace d’un instant que la folie s’était emparée de son esprit : là, à quelques mètres devant lui, cet homme qui s’avançait… mais… et cette femme à ses côtés… cette jeune femme que Milan ou son sosie ou quoi qu’est-ce tenait par la taille… n’était-ce pas ?… mais comment était-ce possible?… et pourtant, cette mèche brune qu’elle venait de relever négligemment…

où l’on arrive à peine à y croire (et pourtant il le faut bien)

Posted in collectif Burma, flics et privés, lecteur à la rescousse, marquise with tags , , , , , , , , , , , , , on juin 11, 2010 by michel brosseau

Le jeune Lapointe, à peine eut-il entendu son supérieur hiérarchique le prévenir d’un danger imminent, sentit une forte douleur engendrée par le contact d’un objet lourd et métallique à la base de sa nuque puis, tandis que ses jambes soudain molles se dérobaient sous le poids de son corps, il tomba dans un état d’inconscience où il eut peut-être l’occasion d’apercevoir la marquise en train de sortir de chez elle deux jours plus tôt sur les coups de cinq heures, ce qui ne représente qu’une possibilité parmi tant d’autres que nous ne déclinerons pas ici, et ce par souci de faire progresser ce récit qui, trop souvent, s’est égaré dans de trop nombreux méandres tout autant digressifs que dilatoires. « Né bouzé plou, môsieu Lognonne ! Plou oune zeste !… ou yé tire… » Quiconque se serait retrouvé dans la désagréable situation où se trouvait Lassoupâh aurait sans doute réagi comme lui, autrement dit serait resté aussi immobile qu’une statue de cire, matière dont, étrangement, il avait soudainement pris la teinte. Précisons à sa décharge et à celle de son jeune collègue que l’échalas hépatique (c’est lui qui vient de parler) et le ventru rubicond (c’est lui qui vient d’assommer Lapointe) avaient littéralement surgi on ne savait d’où. Lognon se serait trouvé en plein désert, d’aucuns auraient argué que le duo hispanisant n’étaient que le fruit de son imagination. Mais dans le cas présent, en pleine zone industrielle nord de Vitry-les-Ulis, sur le parking d’un grossiste en quincaillerie dont la boutique avait fermé depuis des lustres, le mirage ne représentait pas une explication susceptible de tenir la route. Et puis, vous avouerez, lecteur, que Lapointe ignominieusement et traîtreusement assommé, maintenant ignoblement traîné par les pieds par le petit gros qui dans l’effort soufflait comme un bœuf, et Lognon à l’instant même invité à se diriger vers l’entrepôt avec dans le dos le flingue de l’échalas dont le canon lui caressait la moelle épinière à travers la toile de son imperméable, tout ça c’était bien réel, tout de même !

où l’on s’immisce sans vergogne jusque dans les rêves du lecteur

Posted in flics et privés, lecteur à la rescousse, marquis, marquise with tags , , , , , , , , , , , , , , on juin 10, 2010 by michel brosseau

Que vous importe, lecteur, la marquise sortie à dix-sept heures, ses histoires de cœur, ses minauderies, sa nièce slammeuse ou même son étêté de marquis qui repose en paix dans un tiroir de l’institut médico-légal ! Car tremblant on peut vous deviner, ayant passé une nuit désastreuse, entrecoupée par ce cauchemar récurrent et néanmoins terrifiant où, entendant rouler jusqu’aux tréfonds de votre cerveau la voix blanche de Lognon avertissant le jeune Lapointe d’un danger imminent, vous tentiez de sauver l’inspecteur mais à chaque fois vous heurtiez impuissant à ce fameux duo au fort accent hispanique : celui à la face rubiconde et au généreux embonpoint vous plaquait au sol pendant que le grand échalas long comme un jour sans pain braquait son arme de poing en direction de Lognon, affichant un terrible sourire d’assassin hépatique. Pendant que le petit gros vous oppressait de toute sa bedaine, vous tentiez, mais en vain, de retrouver là où vous les aviez déjà rencontrés, tout, tant dans leur allure que dans leurs manières, vous laissant une nette impression de déjà vu. Vous cherchiez, mobilisant toute votre énergie afin de les identifier, mais à chaque fois, alors que la solution semblait enfin se profiler dans l’un des nombreux replis de votre mémoire, vous entendiez un énorme éternuement qui, aussitôt, vous ramenait à l’état de veille, en sueur sous votre couette, le cœur battant à un rythme digne d’un dieu du stade en plein effort. Alors vous vous leviez, et, après avoir avalé un verre d’eau devant l’évier de votre cuisine, vous vous dirigiez vers les rayonnages de votre bibliothèque, les parcourant du regard avec la vague impression que peut-être était-ce là que se trouvait la solution. Vous tripotiez quelques livres au hasard puis, haussant les épaules, vous vous disiez que tout cela ne rimait à rien, que vous n’étiez décidément pas capable de grand-chose sans ces satanés bouquins, puisque non seulement ils nourrissaient vos rêves, mais ceux-ci vous ramenaient encore à eux.

où une première très longue phrase laisse la place à une seconde beaucoup plus courte

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquise with tags , , , , , , , , , , , , , , , on juin 9, 2010 by michel brosseau

Bien éberluée aurait été la marquise si, se trouvant au-dedans de la voiture dextrement conduite par Lapointe, elle avait aperçu le lieu de destination du commissaire à l’épatant appendice, et sans doute aurait-elle réclamé qu’illico on la ramène à cet appartement dont elle était paraît-il sortie exactement deux jours plus tôt, car dix-sept heures s’affichait au tableau de bord du véhicule, tout comme à la montre de Lognon, héritage de son oncle Édouard, ancêtre vénérable et vénéré dont il resterait tant à dire, mais dont la mémoire, comme celle de tant d’autres illustres anonymes, demeurera sans doute à jamais condamnée à demeurer ignorée du grand public, car uniquement portée par son neveu, vaillant flic qui vit peut-être ses derniers instants, allant au devant du péril, animé autant par la bravoure que par le sens du devoir, et sans doute aussi par un zeste d’intérêt personnel, claquant fermement sa portière dans ce parking désert de la zone industrielle nord de Vitry-les-Ulis, marchant vers son destin la tête haute et le regard lourd, les traits tendus par une concentration extrême, scrutant chaque centimètre carré du bâtiment de taule gaufrée vers lequel il s’avance, le pas ferme et décidé, remarquant les panneaux à vendre ou à louer qui ornaient la façade, tout comme celles des bâtiments voisins qui avaient connu le même sort que ce grossiste en quincaillerie, entrepôts vides qui, assurément, constituaient un lieu de rendez-vous idéal, et prouvaient que les membres du collectif Burma possédaient un sens aigu de la mise en scène, choisissant un décor digne de ces films américains dont le jeune Lapointe se gavait très certainement, de ces lieux déserts où les voitures dérapent en faisant crisser leurs pneus, où cachés derrière des fûts de métal ou des empilements de cartons surgissent soudain des hommes en noir, armes automatiques en mains, remplissant l’espace sonore de l’entrepôt du crépitement de leurs chargeurs inépuisables, où d’un athlétique et savant roulé-boulé un flic aux nerfs d’acier et à la mine patibulaire rejoint le monte-charge qui lui permet de prendre à revers et par surprise des malfaiteurs dont les agissements ne sont pas sans lien avec la mort de sa femme, celle qu’il aimait tant et dont il noie le souvenir dans le whisky depuis ce jour où son chef de service lui annonça sa chute mystérieuse dans une baignoire remplie d’acide. « Lapointe ! Attention ! »

où le privé à la triste allure évoque son évasion

Posted in collectif Burma, flics et privés, marquis, marquise, Yann-Erwann with tags , , , , , , , , , , , , , , , on juin 8, 2010 by michel brosseau

Heureux Yann-Erwann sirotant quelques bières tout en faisant un peu de ménage dans son appartement mis en désordre, si notre mémoire est bonne, pas plus tard que la veille (ou sinon l’avant-veille) par les investigations désordonnées d’Alfonsi et sa piteuse bagarre avec ces deux ombres hispanisantes qui hantent ce feuilleton sans jamais se laisser suffisamment approcher pour qu’on parvienne à les identifier, occupations domestiques qui par bonheur le tiennent éloigné de cette terrasse où sa « p’tite marquise » sortie deux jours plus tôt sur les coups de cinq heures, cœur battant la chamade et gloussements d’admiration mêlés à ses petits cris enjôleurs évoqués précédemment, écoutait le privé faire le récit de son évasion. « Il faut rester modeste, vous savez… Parce que, si j’ai bien compris, ils étaient pas au courant au début pour la mort de votre marquis de mari… C’est pour ça qu’ils m’avaient enlevé d’après les quelques bribes de conversation que j’ai pu surprendre… Parce que je travaillais pour lui… Et donc contre eux, en quelque sorte… Ce qui est pas complètement faux… Mais une fois qu’ils ont su qu’il était mort, André de la Bôle, j’ai bien vu qu’ils ont drôlement relâché leur surveillance à mon égard… Sans vouloir jouer les susceptibles, je présentais comme qui dirait plus beaucoup d’intérêt… Par contre, le flic, là, Décembre qu’il s’appelle, lui ils le lâchaient pas d’une semelle… Rapport qu’ils ont l’air de vouloir piéger Lognon… J’ai pas tout compris quand ils causaient… La bascule, qu’ils répétaient tout le temps… La bascule !… Bascule de qui de quoi qu’est-ce, moi je pourrais pas vous dire !… N’empêche qu’à l’heure qu’il est j’aimerais pas être à la place du commissaire… Pas que je le plaigne !… Faut pas exagérer non plus… Mais bon, depuis le temps qu’on se connaît !… » Alfonsi allait raconter ses frasques de jeunesse du côté de Rancy-les-Garennes quand toute son attention fut captée par le gyrophare  magnétique bleu apposé sur le toit d’un véhicule banalisé qui venait de rétrograder en faisant craquer les pignons de boîte. Soudain aussi pâle que les glaçons qui fondaient au fond de son verre vide, il s’exclama : « Et dire que si ça se trouve, c’est la dernière fois que je l’aurai vu de ma vie !… »

PAUSE DOMINICALE

Posted in marquise on juin 6, 2010 by michel brosseau

Mettre en scène même le dimanche une marquise élevée à Notre-Dame de l’Estuaire ne serait vraiment pas respectueux… A demain.