où l’on s’immisce sans vergogne jusque dans les rêves du lecteur

Que vous importe, lecteur, la marquise sortie à dix-sept heures, ses histoires de cœur, ses minauderies, sa nièce slammeuse ou même son étêté de marquis qui repose en paix dans un tiroir de l’institut médico-légal ! Car tremblant on peut vous deviner, ayant passé une nuit désastreuse, entrecoupée par ce cauchemar récurrent et néanmoins terrifiant où, entendant rouler jusqu’aux tréfonds de votre cerveau la voix blanche de Lognon avertissant le jeune Lapointe d’un danger imminent, vous tentiez de sauver l’inspecteur mais à chaque fois vous heurtiez impuissant à ce fameux duo au fort accent hispanique : celui à la face rubiconde et au généreux embonpoint vous plaquait au sol pendant que le grand échalas long comme un jour sans pain braquait son arme de poing en direction de Lognon, affichant un terrible sourire d’assassin hépatique. Pendant que le petit gros vous oppressait de toute sa bedaine, vous tentiez, mais en vain, de retrouver là où vous les aviez déjà rencontrés, tout, tant dans leur allure que dans leurs manières, vous laissant une nette impression de déjà vu. Vous cherchiez, mobilisant toute votre énergie afin de les identifier, mais à chaque fois, alors que la solution semblait enfin se profiler dans l’un des nombreux replis de votre mémoire, vous entendiez un énorme éternuement qui, aussitôt, vous ramenait à l’état de veille, en sueur sous votre couette, le cœur battant à un rythme digne d’un dieu du stade en plein effort. Alors vous vous leviez, et, après avoir avalé un verre d’eau devant l’évier de votre cuisine, vous vous dirigiez vers les rayonnages de votre bibliothèque, les parcourant du regard avec la vague impression que peut-être était-ce là que se trouvait la solution. Vous tripotiez quelques livres au hasard puis, haussant les épaules, vous vous disiez que tout cela ne rimait à rien, que vous n’étiez décidément pas capable de grand-chose sans ces satanés bouquins, puisque non seulement ils nourrissaient vos rêves, mais ceux-ci vous ramenaient encore à eux.

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3 Réponses to “où l’on s’immisce sans vergogne jusque dans les rêves du lecteur”

  1. brigitte celerier Says:

    et soyez maudit, parce que nous voilà avec devant nous, pareille nuit, une fois encore

  2. Maudit ! (en effet) (je pensais aux deux olibrius de l’Homme à l’Oreille Cassé qui mettent une bombe je ne sais quoi n’importe-) (ou alors Filochard et Ribouldingue, mais et le 3° alors ? – comment il s’appelle déjà celui-là ? je ne sais plus) (et Lapointe qui ne veut pas tirer dans le tas…)

    • malédictions! malédictions!comme si j’y étais pour quelque chose, moi, dans tout ça! on me prête des pouvoirs qui sont largement au-delà de mes possibilités… je ne fais que raconter, moi!… j’y suis pour strictement rien dans le comment que c’est que ça se goupille, cette histoire! je la raconte, et puis voilà!…

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