où l’on sait enfin ce que Lognon reproche au commissaire Maigret

La marquise sortie à cinq heures ignorait certainement tout autant que le jeune Lapointe les aventures du commissaire Maigret, peu encline qu’elle était à la lecture de cette littérature populaire dont les sœurs de Notre-Dame de l’Estuaire lui avaient appris à se méfier comme de la peste. Le récit entrepris par Lognon ne lui aurait certainement pas donné le goût de ces opuscules que feu son étêté marquis de mari lisait parfois en cachette, dissimulant sous son journal quotidien ces couvertures aux couleurs criardes où s’étalaient assassins aux couteaux brandis et révolvers braqués, créatures libidineuses et flics vêtus d’imperméables été comme hiver. Peut-être ce pauvre André, qui appréciait tant cette littérature sans majuscule ni particule,  se serait-il souvenu, du temps où il avait encore la tête sur les épaules, de cette enquête qu’évoquait en ce moment le flic à l’épatant appendice, où Maigret à la poursuite d’un Letton et néanmoins jumeau avait démontré son absolu manque de professionnalisme – comme tant d’autres, Lognon appréciait beaucoup ce terme – et même de pragmatisme – difficile de ne pas associer les deux – en étant, d’une part, responsable de l’assassinat de l’inspecteur Torrence, jeune Français méritant et promis à une belle carrière, mais stoppé net sur le chemin de la gloire par des voyous étrangers aux noms imprononçables, et, d’autre part, en laissant l’ignoble Letton se coller une balle dans la bouche afin d’échapper à la justice de notre belle République, montrant une nouvelle fois de quel côté penchait son cœur, du côté d’un misérabilisme naïf et arrosé de bons sentiments, d’un rousseauisme aveugle aux réalités socio-économiques qui font du monde dans lequel nous vivons une jungle où tous les coups sont permis, car il avait suffi au Letton d’étaler complaisamment sa vie de raté qui n’avait jamais su plus que pu prendre en main son destin et s’engager sur la voie de la réussite pour que le gros Jules le laisse en dehors de toute déontologie commettre l’irréparable… « Mais, rassure-toi, mon petit Lapointe, avec moi je peux te dire que ça marche pas comme ça !… D’abord, tu me connais un peu quand même maintenant… Combien de temps qu’on travaille ensemble au jour d’aujourd’hui ? »

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Une Réponse to “où l’on sait enfin ce que Lognon reproche au commissaire Maigret”

  1. l’antipathie dans laquelle tient Jules Lâssoupâh (bicirconflexe, auteur) n’a d’égal que celle dans laquelle je le tiens, moi, lui et son épatant appendice : Târtâl ou Kîchâl, les alias importe peu, Lognon commence à me courir sur le haricot. Qui a seulement dit ou imaginé que le Jules était gros ? Qui ne sait qu’il vécut, par aileurs, au 53 du Richard Lenoir, non loin de l’étêtage du marquis, voiture de flic à l’envers etc etc ? (certains prétendent qu’il vécut au 132 de la même voie, mais ce sont des fadaises) (il me semble bien percevoir chez certaine lectrice avignonnaise de surcroît – personne n’est parfait- le même type d’antipathie – laquelle lectrice vécut, si mes souvenirs sont bons, rue de la Roquette, onzième tout autant, alors la voilà pardonnée – car on aime les recensions par elle commises lors des fameux vases communicants)

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