où l’on comprend que ça ne rigole plus

Que la marquise soit ou non sortie à cinq heures deux jours plus tôt importait peu aux yeux de Lognon. Il n’y avait pas un instant à perdre avec de telles pensées. Tout d’abord congédier l’ahuri armoricain en lui conseillant de demeurer dans la capitale et de se montrer extrêmement prudent. Ensuite, ne pas écouter ses propos syntaxiquement défaillants et le pousser jusqu’à la porte du bureau d’une ferme mais courtoise – décidément hautement dialectique, ce Yann-Erwann ! Puis passer dans son bureau et se munir de son calibre – deuxième occurrence d’une arme à feu dans ce polar, soit, pour 183 épisodes, une moyenne infinitésimalement faible susceptible de faire de ce feuilleton et de l’adaptation cinématographique qui en est prévue des œuvres destinées à un public familial. Ne pas oublier d’adjoindre les munitions adaptées au dit calibre indiqué précédemment. Rejoindre le jeune Lapointe qui attend dans la cour au volant d’une voiture banalisée. Lui demander d’éteindre la sirène hurlant plein gaz le temps de lui expliquer la situation. Lui expliquer brièvement celle-ci, ainsi que le plan adopté pour libérer Décembre. Bien lui faire comprendre que pour une mission de ce genre le nombre est souvent un frein à la réussite. Lui donner confiance en lui en l’assurant que deux flics de leur pointure étaient capables de miracles. Afin de lui occuper l’esprit sinon de le détendre définitivement, lui intimer de démarrer et de foncer. Ne surtout pas oublier de lui indiquer la destination. Méthodique, charger le calibre puis le soupeser en le regardant d’un air complice. Fumer une pipe avec lenteur, la goûtant pleinement, comme si ce devait être la dernière. Ne surtout pas mentionner ce détail au jeune Lapointe.

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Une Réponse to “où l’on comprend que ça ne rigole plus”

  1. Târtâl va en dégommer quelques uns, j’en ai peur (on pourrait lui attribuer ce prénom lorsqu’il redresse les torts, qu’en pensez-vous auteur ? – j’ai repensé hier au très trivial – sans doute son troisième prénom – Tülâprofrondan qui ne me semble pas très utilisé ici mais qui serait d’une bonne tenue sinon facture dans la version télévisée de l’oeuvre, pour peu qu’elle soit programmée sur la une ou la six dont les productions sont à peu près du même niveau d’ignoble, poisseuse et grasse franchoullardise d’assez bon aloi sur ce médium indigne) (il y a le très noble Kîchâ qui a la vertu de son laconisme en plus de son bicirconflexisme) (bon, pour Décembre, j’avais trouvé le très lapalissadique « Noël-en » qui plaît) (j’ai cru comprendre que vous tentiez de cesser d’élucubrer au 183° épisode, ce qui dans ma petite tête correspond à six mois fermes : mais vous oubliez sans doute les turpitudes de l’un de vos glorieux prédécesseurs en cette production fictionnelle – sinon fictionniste- j’ai nommé Sir Arthur qui fut bien obligé de continuer bien qu’ayant pris soin d’occire son Sherlock de héros- à ce qu’il me semble me souvenir…) (si vous occisez Lognon ici, vous êtes inqualifiable)(on dit « occisez » de nos jours ou je déconne ? Où est mon bécherelle?)

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