où les choses se précisent sans que l’on sache vraiment de quoi il s’agit

Plus friand d’aventures extra conjugales que de celles qui alimentent les romans du même nom, Yann-Erwann, tennisman et néanmoins breton, comprit qu’il valait mieux s’éloigner d’Emma le jour où, sortant de chez lui en compagnie d’icelle aux environs de dix-sept heures et prenant soin de saluer le petit vieux d’en face qui, comme à l’accoutumée, se tenait à sa fenêtre, confectionnant un nouveau rond de serviette sur son tour à bois – s’il n’avait pas eu à quitter Paris précipitamment suite aux événements qui ne tarderont plus désormais à vous être dévoilés, sinon dans cette phrase  – vouée à l’inachèvement car, vous avez pu le remarquer, le tennisman breton se perd souvent dans ses propos –, du moins dans une autre, Yann-Erwann eût sans doute demandé au septuagénaire de confectionner, contre espèces sonnantes et trébuchantes, cela va de soi, car, on a beau dire, toute peine mérite salaire, même de nos jours où ce que l’on a l’impression parfois que le monde il marche cul par-dessus tête question boulot et compagnie, un petit rond de serviette rien que pour sa « p’tite marquise », avec son prénom écrit dessus, à la pyrogravure, avec des belles lettres gothiques, un peu comme sur les bols qu’on voit dans les endroits où ce que vont les touristes… La date exacte, il ne s’en souvenait pas. Juste que c’était un mardi. Ça, il en était sûr et certain parce que le lundi, ils ne pouvaient pas se voir, avec sa « p’tite marquise », étant donné qu’elle avait bridge avec des copines à elle, et que le mercredi, lui, il était pris par les leçons pour les gamins. Même que ça lui revenait maintenant, une fois dans le train – parce qu’il était parti fissa sans même prendre le temps de réfléchir ou quoi qu’est-ce que c’est même de faire une valise, parce que quand y a urgence y a urgence, et que c’était surtout pas le moment de perdre du temps après ce qui venait de lui arriver – une fois dans le train il s’était dit que les gamins le lendemain, au moins il aurait pas à les supporter. « C’était déjà ça, un peu de réconfort après la tempête, comme on dit, hein ! » Lognon hochait la tête en silence. Être patient. Ne surtout pas le brusquer. Pas de précipitation !… Surtout, pas de précipitation !…

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Une Réponse to “où les choses se précisent sans que l’on sache vraiment de quoi il s’agit”

  1. bouche ouverte en attendant de connaître les événements qui ne tarderont plus à être révélés (quels qu’ils soient, parce qu’il serait peut-être présomptueux d’espérer qu’ils laissent entrevoir la solution)

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