où Lognon entre dans le bureau du jeune Lapointe

Amant de celle-là même qui, sortant de chez elle, deux jours plus tôt, à cinq heures, nous amène chaque jour ou presque, depuis quatre mois, à écrire un épisode de ce feuilleton, ce qui, entre nous soit dit, n’est tout de même pas une sinécure, Yann-Erwann s’ennuyait ferme depuis plusieurs heures quand enfin s’ouvrit la porte du bureau dans lequel on l’avait fait entrer sans plus d’explications. Bureau qui n’était autre que celui du jeune Lapointe et où régnait, le commissaire le remarqua dès son entrée, un désordre qui ne fut pas sans lui rappeler sa jeunesse quand, encore simple inspecteur débutant, il avait démarré cette carrière qui allait le mener si loin. C’était au commissariat du boulevard de Belleville. Lognon en eut un pincement au cœur. Les images défilaient devant ses yeux, quelques bribes de phrases résonnaient à ses oreilles. « Un véritable kaléidoscope de ma carrière », devait-il confier plus tard lors d’une interview. « À tel point que j’ai cru que ma fin était proche… Ne dit-on pas que l’on voit défiler ainsi sa vie avant de mourir ? » Quel poète, ce Lognon ! Simple phénomène d’hallucination réminiscente due au surmenage. Rien de grave. Tout au plus surprenant, pour Yann-Erwann, de voir ce type tout pâle demeurer immobile au beau milieu de la pièce, les yeux dans le vague, ne semblant même pas remarquer sa présence, entré dans une sorte de transe comme il en avait vu dans certains documentaires sur des populations lointaines. Non pas que le sujet l’intéresse particulièrement. Mais il avait eu le temps de regarder la télé pendant toutes ces semaines où il était allé se planquer en Bretagne.

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2 Réponses to “où Lognon entre dans le bureau du jeune Lapointe”

  1. j’aime Lorgnon, ne lui dites pas.
    Pour Yann-Erwann j’attends un peu

  2. Dites, auteur, il semble qu’ici même :
    https://killthatmarquise.wordpress.com/2010/02/05/ou-la-marquise-rentre-chez-elle/
    on puisse voir le commissariat du quartier de Belleville (malencontreusement coupé par son auteur vasecommunicant semble-t-il) (certes, il ne se trouve pas sur le boulevard, mais dans la rue Ramponneau, qui y court…). Y aurait-il là quelque chose comme une coïncidence, un hasard, ou tout bonnement la main de Moneste ? Le lectorat se perd en conjectures…

    Quant au « surmenage » de Lognon (oh…!), putain, il a pour nom Chartreuse (et loin d’être de Parme, hein: voyez ce qui arrive, infortuné Târtâl, quand on abuse de ce breuvage infâme..!)

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