où le nom de qui vous allez deviner reste tu

Emma de la Bôle, marquise, tante d’une Marie-Mathilde en compagnie de laquelle elle se trouvait quelque part dans Paris, sans que je puisse vous en dire beaucoup plus, non par nécessité narrative, mais par totale ignorance, ou même, osons vous le confesser, lecteur, parce que le cadet de nos soucis ce qui peut bien lui arriver en ce moment à Emma de la Bôle, et où elle pose ses escarpins, ombre tutélaire la marquise, mais pas plus tout de même qu’une ombre, silhouette lointaine que même son penchant pour Yann-Erwann, éminent tennisman et néanmoins breton qui, à l’heure actuelle, non pas croupissait dans les geôles de la République, mais attendait patiemment dans le bureau du jeune Lapointe que l’on daigne enfin lui poser quelques questions, se demandant si Emma voudrait encore de lui après sa fuite en Bretagne, Emma qui l’aimait (c’était ce qu’elle disait !) mais l’avait mis, plus qu’en émoi, en mauvais pas, Emma veuve et sortie deux jours plus tôt sur les coups de cinq heures en ignorant qu’elle l’était déjà, Emma qui, pour être franc avec vous, lecteur, importait peu au moment où Alfonsi, ayant fait signe au serveur de la brasserie voisine de lui amener un autre verre – son neuvième double pastis –, se penchait vers Lognon et lui déclarait entre deux soupirs anisés : « Commissaire, une mission terrible qu’ils avaient confié au marquis !… Un jeune retraité comme lui !… Une décision du ministre en personne ! Pas celui d’aujourd’hui, non !… C’était avant !… Du temps de qui vous savez… Promis à un bel avenir, comme on dit !… Mais chut !… Que son nom soit tu !… Pas même d’initiales, rien !… Comprenons-nous à demi-mots, commissaire !… Bref ! Pour en revenir à la mission du défunt marquis à sa marquise, il s’agissait ni plus ni moins de faire place nette !… En gros, du nettoyage au Kärcher, quoi !… »

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2 Réponses to “où le nom de qui vous allez deviner reste tu”

  1. je tiens à porter à la connaissance du Doumé à l’attristant imperméable que lorsqu’une mission se voit confiée, on lui accorde le participe – tout le monde s’en fout, je vous l’accorde, mais quand même- et d’ailleurs, auteur, vous vous trahîtes : la preuve en est faite, ici et maintenant, (hic et nunc, hein…) car vous écrivez (ne niez pas, la preuve est patente)
    « Emma veuve et sortie plus tôt sur les coups de five o’clock EN IGNORANT QU’ELLE L’ETAIT DEJA… »
    Elle sort ignorant qu’elle sort mais sans ignorer l’heure ? A d’autres!
    (vous allez arguer, et je reconnais là la foi assez tordue de l’auteur feuilletoniste, qu’elle ignorait alors qu’elle fût d’ores et déjà veuve, son marquis dans la Bentley étêté sur le Richard Lenoir, voiture de flicailles à contresens et tout le toutim, allons donc, votre clavier a fourché, auteur, et vous êtes à présent tenu (TENU) d’indiquer, qu’après tout, ce five o’clock-là a toute la teneur du gimmick, du mag guffin, du truc, du machin, de la chose, enfin du trois fois rien, ou du pas grand chose – car au fond, trois fois rien, disait Ray, c’est déjà quelque chose).
    Sur le titre et l’identité dont on cherche à nous imposer à toute force la millimétrique attitude :
    je me tais, je l’ignore, je l’abhorre et le hais
    je te lui jette au visage un alexandrin racinien plus que cornélien…!

  2. Emma, le génie pour être parfaitement présente quand elle n’est plus là et n’intéresse plus

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