où le lecteur gêne le bon déroulement de cette histoire (ce qui est infiniment regrettable !)

Son huitième double pastis ingurgité cul sec – si vous ne me croyez pas, lecteur, allez faire un tour à la brasserie voisine du Quai des Orfèvres, non pas pour retrouver Alfonsi et Lognon attablés, ça non, vous ne pourrez pas, avant l’instauration de l’interdiction de fumer dans les lieux publics qu’ils s’y trouvaient, ce qui signifie début 2007 – d’ailleurs, autant vous le dire pendant que j’y pense, nos deux héros s’étaient placés dans la zone fumeurs, et Lognon avait allumé une pipe suite aux dernières confidences d’Alfonsi, et celui-ci avait déjà écrasé plus d’un mégot dans le cendrier jaune pastaga qui trônait au milieu de la table – en revanche, à défaut de les y retrouver, parce que remonter le temps n’est pas donné à tout le monde, vous pouvez interroger le serveur qui s’occupait de leur table ce jour-là, un grand brun qui se met du gel dans les cheveux, un gars drôlement sympa qu’a toujours le mot pour rire, et puis efficace question boulot, vous pouvez demander au patron, d’ailleurs il y bosse encore, je vous dis, à la brasserie voisine, allez-y, et posez lui la question rapport au huitième double pastis qu’Alfonsi a avalé cul sec, vous verrez bien ce qu’il vous répondra, puisque vous mettez en doute ce que je vous raconte, allez-y, mais laissez-moi tout de même auparavant vous dire deux petites choses : et d’un, qu’avec vos doutes qui ne sont pas loin de frôler le sarcasme quant à la vraisemblance de ce qui vous est ici raconté, vous nous empêchez de poursuivre les confidences du privé, et de deux, que vous n’avez pas tant fait la fine bouche quand il a été question que la marquise soit sortie à cinq heures ! – il fallait que cela fût dit ! – non mais alors !… – donc, son huitième double pastis ingurgité cul sec, et tandis que le commissaire Lognon trempait ses lèvres dans son verre de Chartreuse, Alfonsi reprit : « Tonnerre de Dieu ! ça fait du bien par où ça passe !… »

Publicités

2 Réponses to “où le lecteur gêne le bon déroulement de cette histoire (ce qui est infiniment regrettable !)”

  1. ah pardon, depuis le tout début de cette histoire, je ne cesse d’invectiver, de rechigner, de demander comptes et preuves sur le prétendu et hypothétique fait que cette Emma soit sortie vers five o’clock – tea time, hein, auteur : vous croyez peut-être qu’on ne vous a pas démasqué, espion de sa Majesté, allons…! – alors je dis non, l’enquête n’est que ralentie pour mieux accélérer, je vois ça dans le regard enchartreusé de ce commissaire et dans le rictus de ce Doumé à la triste vestiture (16 fois 51 font 816, soit 3 de trop pour être de l’association…) : Doumé, au fait !!!

  2. 16×51=816
    voilà sans doute une piste plus intéressante qu’elle ne pourrait sembler de prime abord: parce que mathématique, elle nous mène sûrement à la vérité, toute énigme policière pouvant être mise en équation (n’est-ce pas Edgar P. qui le premier… lui qui d’ailleurs, ne rechignait pas devant un verre, double ou simple!)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :