où Lognon sait se montrer patient (et le lecteur aussi !)

Sans doute la marquise, sortie l’avant-veille de chez elle sur les coups de cinq heures, aurait-elle plus que peiner à remonter le gosier en pente du privé. Déjà trois double pastis qu’il venait d’avaler cul sec, claquant de la langue dès que son verre était vide et faisant aussitôt signe au serveur, verre levé bien haut de la main gauche et pouce droit renversé vers celui-ci. Alfonsi avait soif, ce qui, Lognon le savait pertinemment, était plutôt bon signe. Le tout était d’arriver à repérer le moment où il serait opportun de le questionner, ni trop tôt, ni trop tard, car ce serait tout bonnement, dans les deux cas, courir au désastre le plus certain. Aussi le commissaire observait-il en silence le privé à la triste allure, attentif au moindre détail, tant dans son regard et l’expression de son visage que dans sa manière de se tenir assis, à l’affut de ce moment si fragile où ce pauvre Doumé, ayant atteint le niveau d’imprégnation éthylique adéquat, serait à la fois détendu et en possession de toutes ses facultés intellectuelles, avant, quelques verres plus tard, de sombrer dans l’incohérence puis le mutisme le plus complet. Ainsi Lognon attendait-il patiemment –tout comme vous lecteur–, sirotant sa Chartreuse à coup de minuscules et minutieuses gorgées, et grignotant du bout des dents les cacahuètes qu’Alfonsi désormais ignorait – c’était là un premier signe qui n’avait pas échappé à la sagacité du commissaire…

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2 Réponses to “où Lognon sait se montrer patient (et le lecteur aussi !)”

  1. Certains optent même pour un apéritif unique, quotidien sans doute, mais sur les coups de cinq heures(dix sept heures dit la société nationale) (ce sont, certes parfois, des méditerranéens et on connaît les fourbes velléités – acquises, sans doute, par une longue et terrible culture, laquelle s’appuie sur une pratique non moins castratrice – de ectet engeance maritime en matière de componction socio-éthyllique, mais le lectorat s’égare) (déjà qu’il a failli manquer un épisode) (mais qu’il s’est, malgré tout rattrapé au fil de la narration, lequel se transformera, au 5° double pastis, en filin, corde, cordage, amarre etc… comme chacun sait) comme Emma lorsqu’avant hier elle sortit, prétend-elle, alors que Lâssoupâh (bicirconflexe, auteur) alias Târtâl, avec sa liqueur verdâtre donnerait des envies de meurtre à quiconque aimerait l’apéro et ferait mieux de s’abstenir, si c’est pour ainsi, de ses chaussures cloutées, fouler au pied la plus essentielle, mais pourtant élémentaire, tradition qui veut que la liqueur se boive en fin de repas, après le dessert, café, cigare et tutti quanti… Quel manque de tact et d’éducation…

  2. Manque d’éducation bien dans les moeurs, d’ailleurs – faut-il le souligner ? – , de la maison, dite poulâgâ (bicirconflexe, hein) , qui entretient ce type d’individu à l’appendice qui, pour surprenant, n’en est pas moins extravagant… dis-je

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