où il est question de vertiges

Le jeune Lapointe ne serait sans doute pas pris de plus grand vertige si, enfin, la marquise lui avouait ne pas être sortie l’avant-veille aux environs de dix-sept heures, mais aussitôt après le départ de Vanessa, sa domestique, ou même – pourquoi pas ! – en même temps qu’elle, et ce non pas pour simplement profiter de l’ascenseur, mais pour se rendre dans un certain lieu en sa compagnie, hypothèse qui, jusqu’alors – allons, avouez-le, lecteur ! – ne vous était encore jamais venue à l’esprit, prisonnier que vous êtes de représentations où la bonniche ne peut comploter avec l’aristo, où la déjà morte – ou supposée telle – ne peut avoir agi de concert avec l’encore vivante… Encore faudrait-il, pour cela, que le jeune Lapointe n’ait pas soudainement craqué devant tant de mutisme mêlé de minauderie – celle-ci, d’hypothèse, l’aviez-vous faite ? – et n’ait étranglé de ses deux mains fébriles cette satanée madame de la Bôle, auquel cas – gloups ! – nous nous retrouverions dans l’obligation de devoir trouver une autre formule contraignante pour démarrer chaque épisode de ce feuilleton, et ce dans l’urgence la plus absolue, risquant dans la précipitation d’effectuer un choix déplorable, nous plaçant face à de telles difficultés d’écriture que nous devrions renoncer à poursuivre cette aventure feuilletonnesque, réduit à l’impuissance parce que cet inspecteur – pourtant prometteur ! – aurait, dans un moment de folie, strangulé la veuve Saint-Nazère en s’écriant, non, en hurlant d’une voix caverneuse, – voix que lui-même avouerait, plus tard, devant le juge d’instruction, n’avoir pas reconnue – voix venue des profondeurs les plus sombres et douloureuses de son être, tout comme la phrase, d’ailleurs, qu’elle aurait portée jusqu’à ses lèvres desséchées par l’émotion : « Adieu marquise, je ne vous dis rien de mes sentiments pour vous… » Vertige hors norme que ressentirait alors le jeune Lapointe, et néanmoins vertige si proche du nôtre, lorsque, terminant l’écriture du précédent épisode, nous avons, dans l’un de ces flashes qui lacèrent parfois le ciel de nos veilles, perçu devant quel seuil nous nous trouvions quand, laissant le commissaire Lognon et le privé à la triste allure écouter le taxi raconter en quelles circonstances il avait fait monter cette femme et les deux hommes qui l’accompagnaient, nous avons imaginé, un bref instant, où nous mènerait l’idée de laisser ensuite la parole à chaque membre de ce trio, qui lui-même au fur et à mesure de ses rencontres pourrait écouter tant de récits, nous faire part de ses lectures, et… Terrible sensation que de percevoir jusqu’où nous mènerait pareil voyage !…

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5 Réponses to “où il est question de vertiges”

  1. « Reconnaissez-là votre empire ; mais croyez-moi, content de l’avoir éprouvé, n’en abusez pas plus longtemps » : voilà bien ce que devrait dire notre ami Onpoûssejuskâ (le bicirconflexe, inusité, n’est qu’une vague élégance, voire une coquetterie, non du père à Lapointe – lequel se nommait Lengouvé – je tiens cela d’un ami du 10° – mais n’avait point reconnu son engeance, mais de fait prénommé par le frère de sa mère – son oncle, donc, si vous suivez – lequel, Ouessantais, connaissait comme sa poche le phare de la Jument et les landes qui y mènent). Se jeter au cou de cette pauvre femme, veuve de 72 heures qui plus est, qui plus encore est, trahie par un breton tennisman introuvable, se jeter sur ce cou, gracile s’il en est, dis-je, non… Point !
    Calme et raison savoir garder voilà bien l’adage cardinal auquel doivent se tenir les gardiens de l’ordre, du droit et de l’équité dont le jeune Lapointe (assez émoussé à cette heure, j’en conviens) doit se targuer.
    L’hypothèse selon laquelle la marquise serait sortie vers 16 heures ce mardi-là, en compagnie (ou juste ensuite) de sa bonniche (femme de chambre, dame de compagnie ?) est à proscrire : auteur, vous ne nous perdrez pas si facilement : voilà bientôt 3 mois, je dis 3 mois, soit 90 jours – exactement- fêtons la centième!!!- que vous ne cessez de nous abasourdir avec votre « marquise qui sortit à 5 heures » de bien triste figure pour que vous puissiez ainsi sans façon ce gimmick lâcher au détour d’un épisode.

    • centième le 13 avril si mes calculs sont bons: fixons une heure où lever nos verres de concert (une version nouvelle des vases communicants, avec des contenants plus raisonnable par la taille, mais toujours l’ivresse communautaire!…)

  2. avec un s à la fin de raisonnable!…

  3. Je ne vois pas d’autre heure que celle où Emma de la Bôle née Saint Nazère a prétendu être sortie (ce qui reste évidemment à prouver quand même des vidéos surveillance de la rue de Grenelle que ne va pas tarder à sortir de sa manche Tartal- alias Tûllâprofondan -bicirconflexe nanana- tendraient à prouver le contraire). Nous ne nous tenons pas pour battus, auteur, de ce côté-ci et nous fourbissons nos arguments (hein brigetoun).
    Le 13 avril de l’an de grâce 2010, donc, vers 5 heures de l’après-midi, un immense « God Save the Marquise !!! » planera sur cette belle république de France (avilie cependant, il faut bien le reconnaître, par le petit locataire bourré de tics du faubourg qu’on sait)

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