où Lognon se sent las mais est loin d’avoir la tête ailleurs

Se tenaient là tout penauds, Lognon et Alfonsi, à coup sûr beaucoup plus déroutés que s’ils venaient de retrouver la marquise butée sur le palier de son appartement, lors d’une de ses innombrables sorties sur les coups de dix-sept heures, tout gênés devant ce petit cadavre de bonne femme fluette, dans cette pièce où tout espoir de vie s’était fait la malle depuis longtemps. Ils sont restés là un moment, silencieux et ne sachant pas trop quoi faire de leurs mains, osant à peine croiser le regard de l’autre, passant du corps recroquevillé sous les draps au perroquet empaillé. C’est le commissaire qui, finalement, posa une main sur l’épaule d’Alfonsi et l’entraîna vers la sortie. De drôles de paroles, que les dernières qu’elle avait prononcées, cette pauvre Félicité. Elle voulait en venir où avec son « Pardonnez-moi, je croyais que c’était vous qui l’aviez tué ! »… Mais Lognon se sentait tellement las. Trop de rebondissements dans cette affaire. Des cadavres, comme s’il en pleuvait ou presque. Une marquise qui se refusait à lâcher le morceau. Sûr et certain qu’en ce moment-même elle se dérobait devant les questions de Lapointe. Et puis, ce satané privé à la triste allure à toujours lui traîner dans les pattes. Ne perdait rien pour attendre. Il faudrait bien qu’il parle lui aussi. Gardait les infos pour sa pomme, c’était clair. Seulement, avec lui, ce serait beaucoup plus simple qu’avec cette coriace d’Emma de la Bôle. Tous les mêmes, ces privés ! Ça joue les fanfarons et les durs à cuire, et tout d’un coup ça se déballonne vitesse grand V. Foi de Lognon, il serait aisé de lui rafraîchir la mémoire à cet espèce d’échalas imbibé. Suffirait de faire remonter jusqu’à sa conscience – à supposer qu’il en ait une, mais le temps de trouver le mot qui conviendrait mieux et votre feuilleton vous serait pas livré dans les temps ! – un certain épisode peu glorieux de sa fabuleuse carrière. D’agiter sous ses yeux baignés de bibine ce dossier à couverture jaune que Lognon conservait précieusement dans l’un des tiroirs de son bureau. Avec, au marker rouge, le nom d’Alfonsi souligné de deux traits rageurs. Une vieille histoire que le commissaire se ferait un plaisir de lui raconter de nouveau…

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2 Réponses to “où Lognon se sent las mais est loin d’avoir la tête ailleurs”

  1. Tartal, t’assures !!! (va lui faire subir un supplice, au Doumé) (ouais) (quant à la marquise, je te parie qu’elle s’est tirée) (il est sur les coups de 5 heures, là, à peu près ou je délire ?) (on est au printemps ?) (alors elle va séduire Onnakapousserjuska) (Lapointe le roi de la petite reine) (mais aussi des marquises, je subodore) (oui, voilà, une belle histoire d’amour Emma et O.) (ce serait bien troussé) (trouvé) chouette) (le supplice de Târtâl, ça vous dit quelque chose, auteur ?) :°))

  2. […] à l’heure qu’il est est-il en train d’interroger Félicité pour qu’elle lui dise enfin qui donc avait été tué. Aviez-vous deviné que Félicité appartenait elle aussi au collectif Burma ? Tout comme ce brave […]

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