où Lognon arrive à la maison de retraite de Meudon

Pas bien aimable, le concierge de la maison de retraite, presque agressif quand le pauvre Lognon, tout écrasé de fatigue, et le nez chatouillé par les pollens dont devait être saturé ce parc entourant la maison de retraite, annonça qu’il venait visiter la dénommée Félicité, ancienne domestique de cette marquise sortie à cinq heures deux jours plus tôt – mais ça, c’était pas la peine qu’il lui dise au gars dans sa guérite vitrée, c’est par contrainte et convention qu’on le fait, nous, par jeu, quoi ! « Ah bèh, c’est bien toujours comme ça ! Des semaines et des mois qu’elle avait vu personne, la pauvre vieille… toute seule dans sa chambre avec personne d’autre à qui causer qu’son perroquet… et empaillé, encore !… si c’est pas malheureux, quand même !… bien sûr, maintenant qu’la v’là au plus mal, voilà-t-y pas qu’ça bouscule au portillon… Z’êtes de la famille, vous aussi ? » Trop épuisé pour n’avoir ne serait-ce que la moindre velléité de conflit, ou même de simple prise de gueule éclair, le commissaire se contenta de tourner les talons en notant le numéro de la chambre sur son gros calepin noir – comment voulez-vous que ça puisse s’écrire sans calepin, une enquête ? Avec tous ces détails qui font tilt et ces pistes qui font pschitt ! Il faut écrire au jour le jour, minutieusement. Une discipline terrible. Mais qui rend de fiers services, ensuite. Demandez à Milan Moneste ! Des pleines caisses de calepins écrits par Lognon que le fameux auteur accumule dans son bureau. Là-dedans, qu’il puise. Dans tout ce fatras de réel minutieusement retranscrit par le brave Lognon. De là à dire qu’il s’agisse de son nègre, ce serait peut-être exagérer. Le cas du commissaire est tellement spécial, tout autant personne que personnage, tout autant écrit qu’écrivant. Étonnant que l’Université ne se soit pas déjà emparée du cas qu’il représente. Un cas clinique qui mériterait bien des pages d’analyse. Une mine inexploitée, qui pour l’instant traversait le parc au pas de course, courant presque dans les allées de gravier, ne prêtant nulle attention aux brassées de jonquilles qui poussaient dans les sous-bois, fonçant comme un diable, se demandant bien qui pouvait se trouver déjà au chevet de vieille Félicité. Et si elle passait l’arme à gauche avant qu’il arrive ? Se dépêcher, vite. Le hall d’entrée. Déjà assis là sur les bancs, le regard sur rien. Vite ! Ascenseur ! Au troisième ! 324 ! Au bout du couloir ! Pourvu qu’elle puisse encore causer !…

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Une Réponse to “où Lognon arrive à la maison de retraite de Meudon”

  1. Doumé! Doumé! Doumé! (c’est la foule en délire qui acclame son héros, ça) (j’espère qu’il s’est quand même changé) (attention aux fleurs : les jonquilles ne vont pas tarder à indiquer le printemps et je ne suis pas tellement sûr qu’on y soit encore ou déjà ou j’en sais rien) (j’me marre) (comme dit la chanson : « le macadm c’est mon terroir, la nature mon cuachemar ») (j’me marre) (et marie mathilde ?) (ça va s’arranger)

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