où trois sachets pourraient parler si on leur en laissait le loisir

Lognon, lorsqu’il rejoignit les laboratoires de l’Identité judiciaire, n’espérait guère obtenir de quelconques révélations quant à la présence de la marquise, dans son appartement, entre quatre et cinq heures de l’après midi. C’était autre chose qui lui turlupinait les méninges, un point capital tant pour le progrès de l’enquête que pour lui-même : quelles informations avait-on pu collecter sur ce mystérieux collectif Burma ? Un point cependant le rassurait : ces gars des labos étaient des vraies pointures, des spécialisés dans l’alchimie du détail, tout aussi bien capables de vous faire parler aussi bien un cendrier qu’une porte de frigidaire. Des astucieux susceptibles de vous débusquer les secrets les mieux cachés à grands coups d’éprouvettes et de logiciels. Des as ! Qui, encore une fois, avaient certainement su se montrer à la hauteur. « Je crois que vous n’allez regretter de nous avoir envoyés chez la marquise, mon cher Lognon ! » C’était Birotteau qui l’avait accueilli, le grand coordonnateur de l’ensemble des labos. Avait tenu à informer lui-même le commissaire. « Mais asseyez-vous donc ! Cela risque d’être un peu long… » Le chimiste – car c’était là sa spécialité – affichait un sourire prometteur. « Que voyez-vous dans ces trois sachets, cher collègue ? » Lognon eût été tenté de répondre que sa chère et tendre épouse, lorsqu’elle passait le balai dans la salle à manger… Mais heureusement, dans un sursaut de lucidité, le commissaire, soudain conscient des effets dévastateurs de la nuit blanche et du surmenage de ces dernières quarante-huit heures, ravala sa salive et, par la même occasion, la phrase qu’il s’apprêtait à formuler. Inutile de davantage prêter le flanc à la critique et aux moqueries. Il avait eu beau décrocher le poste de Maigret à la brigade spéciale, les persiflages à son endroit demeuraient vivaces. Même s’il ne disait rien, préférant ne pas envenimer la situation, il n’était cependant ni sourd ni aveugle : il les entendait les discrets ricanements dans son dos, notamment lorsque son épatant appendice nasal réclamait ses soins attentifs ; il lisait sur les lèvres de certains ces sourires narquois qui le blessaient comme autant de traits trempés dans le poison de la jalousie. Aussi se reprit-il, réalisant au dernier moment que si jamais l’on apprenait, au quai des Orfèvres, la lubie de sa femme de ne pas embaucher de femme de ménage sous prétexte qu’elle n’était pas plus gourde que ne l’était la femme de Maigret, et peut-être même meilleure cuisinière, plus soucieuse en tout cas de veiller à l’équilibre alimentaire de son époux, parce que… « Je comprends, commissaire !… Les nuits blanches, à nos âges… » Lognon se frottait les yeux de ses deux mains, laissant lentement retomber celles-ci le long de épatant appendice. « Birotteau, vous n’auriez pas un peu de café ? »

Publicités

2 Réponses to “où trois sachets pourraient parler si on leur en laissait le loisir”

  1. de la poudre blanche ? (vous vous souvenez, après le 11 septembre 2001, l’anthrax ?) (c’était du propre) (enfin, je veux dire pour la poussière, là) (putain! faut que je trouve le prénom à la femme à lognon) (brigetoun, tu devrais quand même m’aider un peu sur ce coup) (m’étonnerait qu’à moitié que le marquis soit opiomane, voyez) (ça irait bien avec son bagage d’ambassadeur) (ferait penser à Malraux qu’y aurait pas loin) (zont le même prénom, c’est quand même pas pour rien) (Birotteau, c’est César, ça va, ça)(que la Vanessa lui en ait procuré, y’a pas des kilomètres) (surtout quand on voit la dégaine à sa soeur jumelle hein…) (de l’opium, je veux dire) (bulgare si ça se trouve)(s’appelle Sofia, c’est capitale ça) (ce feuilleton, c’est prénoms et compagnie)

    • et puis, le Burma, aussi connu sous le nom de Myanmar… tout ça, en fait, c’est codé! pour ça que ce feuilleton c’est du foutraque du début à la fin… un code pour trafiquants…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :