où l’on regrette de ne pas avoir le temps de méditer sur le récit de Lognon

Le commissaire Lognon aurait aimé prendre le temps de commenter son récit, sachant ô combien il était important de méditer les textes dont on s’était imprégné, rejoignant une longue tradition que nous n’aurons pas le loisir d’évoquer davantage car, déjà, le visage pâli par la colère et le manque de sommeil, le regard noir, pénétrait dans le bureau cette même marquise qui, l’avant-veille, aux environs de dix-sept heures, avait quitté son domicile. S’agitant, proférant des menaces quant à la promotion de l’ensemble de la flicaille qui se tenait à portée de ses invectives, Emma de la Bôle se comportait sans plus de souci du protocole. Lognon, une nouvelle pipe au bec, l’invita à s’asseoir, et, d’un pas nonchalant que ses inspecteurs connaissaient bien, signe infaillible que le commissaire avait une idée derrière la tête, se dirigea vers le placard qui se trouvait au fond de la pièce, et en ramena une bouteille de Chartreuse ainsi que deux verres. Une fois les verres servis, et l’ensemble des inspecteurs renvoyés : « Attendez-moi à côté ! Je vous ferai signe, quand j’aurai besoin de vous… », Lognon se tourna vers la marquise et, la regardant droit dans les yeux : « Comme disait mon oncle Edouard, un remontant ne peut jamais faire de mal si on n’a pas le gosier en pente !… » Réflexion qui ne parvint aucunement à dérider son interlocutrice. « Il faut que nous parlions, tous les deux. Pour être franc, je suis certain que vous me cachez quelques petites choses. » Emma, aussitôt, s’était redressée sur sa chaise, comme piquée au vif. « Oh! Ne vous en faites pas, madame la marquise : tout va bien. Mais j’ai l’impression que vous ne vous rendez pas bien compte de la gravité de la situation. Non pas que je vous soupçonne de quoi que ce soit…* Mais le pays est en danger, Madame. Ce collectif Burma… » Le commissaire remarque la légère rougeur qui apparut sur les joues de la marquise lorsqu’il prononça ces mots. Sans doute en savait-elle plus qu’elle ne l’avait affirmé jusqu’alors, jouant les ignorantes quant aux activités de son marquis de mari. « Ce collectif Burma, disais-je, représente un terrible danger pour la France. Et peut-être même, pour l’ensemble de la planète !… » Lognon avala une gorgée du sirupeux breuvage qu’il aimait tant, tira quelques bouffées sur sa pipe, puis reprit : « Avant que vous n’embauchiez Vanessa Aldobrandi à votre service, vous aviez une domestique du nom de Félicité… C’est bien cela ? »

*L’auteur entend déjà les commentaires acerbes de certains de ses lecteurs qui, très certainement, n’hésiteront pas à affirmer qu’il s’agit là d’une reculade motivée par l’apparition d’Emma de la Bôle sur le réseau Facebook. À ceux-là nous nous contenterons de rappeler que nous nous bornons ici à rapporter des faits qui nous ont été rapportés. Quant à la manière dont nous avons pris connaissance de ceux-ci, chacun comprendra aisément que nous ne puissions rien en révéler ici.

Publicités

2 Réponses to “où l’on regrette de ne pas avoir le temps de méditer sur le récit de Lognon”

  1. Quel faux cul ce Tartal, « ne vous en faites pas tout va bien… » (pourquoi pas « tout va TRES bien », hein ?): est-ce ainsi qu’on parle à une veuve d’à peine deux jours ? Et proposer de la Chartreuse à une marquise, c’est une honte (pourquoi pas de l’Izarra à Benoît 16 tant qu’il y est ?) (ou un Mojito au Sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah ?) (je m’étonne qu’un groupe facebook ne se crée pas contre les interventions intempestrives, illégitimes et outrancières de Lognon) (il faut dire que face book ne fonctionne qu’avec des amis)(encore que la marquise, par cette irruption sur le 2.0 ne fasse que se complaire dans la roture) (je n’aime aps ça, mais pas ça du tout) quel faux cul, jtejure (et comme par hasard, il ne se mouche plus dès qu’il ingère cet infect breuvage) (chuis fâché, là)

  2. Un groupe facebook contre les interventions intempestives et autres grossièretés de Lognon me semble une excellente idée. Comme on dit, une réaction s’impose! Quant aux fréquentations roturières de la marquise fessebouquée, c’est vrai que c’est assez désespérant: il faudrait lui trouver de la châtelaine à particule.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :