où l’on serait tenté de se débarrasser de madame la marquise

Pâlit-elle, quand sur le palier, les collègues du commissaire déposant leur matériel saluèrent leur commissaire, nous n’en savons rien, car, pour être franc, nous aussi commençons, à l’instar de Lognon, à en avoir un peu marre de fréquenter madame la marquise, parce que, sortie ou pas sortie, la veille, sur les coups de cinq heures, autant vous dire que notre patience a des limites, et qu’il vaut mieux pour la santé d’Emma de la Bôle que nous nous éloignions un peu de son appartement, tenté que nous serions de la faire disparaître, non d’un trait de plume, mais de quelques pressions sur le clavier. Et il y en aurait pas pour longtemps, croyez-moi ! Seulement nous nous retenons, certain que le commissaire, enrhumé mais besogneux, serait terriblement atteint au moral si un témoin aussi capital venait à disparaître. Et puis, on ferait comment pour démarrer chaque épisode ? Par une image de la tombe de la marquise qui ne risquerait plus de sortir de son caveau 100% marbre? Par un souvenir d’un de ses voisins, évoquant son pas dans l’escalier quand elle sortait en fin d’après midi ? En retrouvant par hasard, mis en vente sur e-bay par sa nièce Marie-Mathilde, ses effets personnels et sa garde-robe ? En faisant geindre Yann-Erwann, toujours planqué quelque part en Bretagne ? À moins que le Yann-Erwann, peu enclin aux larmoiements et regrets éternels, ne se retrouve empêtré avec la photo de la défunte marquise découverte par sa nouvelle maîtresse ? Non ! Mieux vaut pour nous la conserver vivante. En tout cas, aussi longtemps que nous en aurons besoin. Au fond, c’est Lognon qui décidera. Tout dépend de son enquête. Et là, à le voir marcher la nuit dans Paris, on peut ne pas être rassuré. Lui dont la réalité ne tient plus qu’à un fil, avoir l’idée de se balader ainsi ! Flânant pour ainsi dire. Décidant même, parvenu sur les quais, de fumer une pipe en regardant couler la Seine. Un méditatif, monsieur le commissaire… Et heureux qui plus est ! Si vous aviez vu ce sourire…

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5 Réponses to “où l’on serait tenté de se débarrasser de madame la marquise”

  1. si le fait d’être fragilement réel ne suffit pas à lui donner des droits, n’a plus qu’à refuser d’être, ce qui serait aussi fort gênant.

    • Il faut en effet le surveiller de près, ce Lognon. Imaginez qu’il saute dans la Seine: un coup de tête et hop! Parce que, certes, il sourit, mais c’est quoi ce sourire? Le début d’un pétage de plombs?

  2. Ce qu’il faudrait savoir, c’est comment il a fait pour se retrouver ainsi au pont de l’Alma (enfin, je ne sais pas bien) près de son zouave… Ou au pont Mirabeau sous lequel aussi coule la Seine…

  3. Bon sang ! mais c’est bien sûr…!!!

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