où la marquise, de nouveau, clique et reclique

Si la marquise prit la peine de raccompagner Jean Valgrand jusqu’à la porte de l’appartement, pouvant ainsi constater de visu qu’elle avait bien tout à l’heure négligé la fermeture des verrous, elle ne souhaita pas, impatiente qu’elle était de découvrir quelles informations recélaient les fichiers informatiques de son défunt marquis de mari, sortir comme elle l’avait fait, la veille, environ à la même heure, déclinant aussitôt l’invitation de J.V. à rejoindre en sa compagnie quelques amis qui, ce soir, préparaient un mini festival punk dans un squat où il traînait assez souvent. Soulagée par le départ de cet immonde énergumène, mais amusée à l’idée que le commissaire Maigret ait pu se livrer à de pareilles frasques extraconjugales, Emma alla s’installer de nouveau devant l’ordinateur d’André, curieuse de découvrir qui étaient les membres de ce collectif Burma, fébrile même, tout comme vous, lecteur. Mais c’était sans compter sur les ressources technologiques contemporaines, car, à peine s’était-elle assise confortablement dans le fauteuil du bureau, et avait-elle saisi de sa main droite cet objet oblong que l’on avait cru bon de dénommer souris – pauvre France, ta langue fiche le camp ! – qu’Emma vit s’afficher une petite enveloppe au bas de l’écran à droite. Un mail ? Et si c’était… Nerveuse, Emma cliqua comme elle put et, après quelques manœuvres infructueuses – Marie-Mathilde avait raison l’autre jour : le stage qu’elle avait suivi commençait déjà à être loin, et elle ne pratiquait pas assez, parce que c’était cela le secret, comme cela l’était pour le piano ou le sport, ou même, comme l’ajoutait ce mécréant d’André (il était parfois si facétieux !), comme pour la foi religieuse, l’important était la régularité de la pratique – enfin parvenir à ouvrir la messagerie de son défunt mari de marquis : le message provenait d’un certain Binet… Ne lui disait rien, ce nom-là !… Ou alors, peut-être… Mais pourquoi l’associait-elle à l’image d’une pharmacie ? Non, elle ne voyait pas… Décidément, cette journée… Toutes ces rencontres inattendues… tout ce stress… il y avait de quoi en perdre la tête… ah ! voilà, le mail était ouvert… voyons… c’était signé Alfonsi… ne pouvant parvenir à vous joindre par téléphone… décidément, qu’elle était étourdie aujourd’hui !… les verrous oubliés… et maintenant le téléphone qu’elle avait mal raccroché… sans doute après l’appel, tout à l’heure, de Marie-Mathilde… le collectif Burma pourrait avoir une dimension internationale… ciel ! ne manquait plus que cela !… signalement de deux individus suspects… une piste, tout de même, ce n’était pas trop tôt !… vous tient au courant… bien… un coup d’œil à cette fameuse liste, et ensuite…

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Une Réponse to “où la marquise, de nouveau, clique et reclique”

  1. ce stage m’était un peu inconnu (avec Marie-Mathilde alors) mais tant mieux, faut qu’elle apprenne à manier le bazar cette Emma (elle m’est un peu sympathique finalement, bien qu’elle trouve amusantes les turpitudes de Jules) (quant à Doumé lui envoyer un mail, c’est du grand art) (très fort : Binet sur Internet, c’est très bien trouvé aussi…)

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