où l’on épargne des redites au lecteur, et où celui-ci en apprend un peu plus sur le marquis de la Bôle

Lognon se devait de commencer par le commencement : la marquise, la veille, était sortie de chez elle aux environs de dix-sept heures, pour aller à la gare Montparnasse où, etc. Vous comprendrez aisément, lecteur, que nous coupions illico court à ce récit, préférant perdre énormément en réalisme plutôt que vous importuner par des redites ! Bref, en un mot comme en cent, allons à l’essentiel, et intéressons-nous à ce que déclara le commissaire quelques minutes plus tard : « L’affaire se corse, patron… Jamais, au départ, je n’aurais imaginé qu’elle prenne un tour aussi complexe. Parce que, si Jean Valgrand est mêlé à cette histoire…. J’ai comme un mauvais pressentiment. Rien de précis, pour l’instant, mais… Parce que vous comprenez, la mort d’un homme comme le marquis de la Bôle… Un homme de sa stature… Ce n’est tout de même pas rien, qu’un ambassadeur itinérant… Vous voyez ce que je veux dire ? Et puis ses relations !… Je ne sais pas, mais, on me dirait que le marquis n’est pas mort accidentellement… Qu’on a forcé un peu le destin, si vous voyez ce que je veux dire… Parce que les hasards s’accumulent, tout de même ! Ils s’accumulent même trop, à mon goût… Allez m’expliquer ça : primo, la bonne du marquis qu’on retrouve strangulée le jour où André de la Bôle meurt dans cet… « accident »… deuzio, l’amant de sa femme qui disparaît sans laisser de traces jusqu’à ce jour, et troizio, dans l’appartement de celui-ci, qui retrouve-t-on comme par hasard ? Le privé Alfonsi, employé par le marquis de la Bôle pour surveiller sa bonne… Alfonsi, assommé dans une baignoire, avec dans sa poche une lettre signée par un certain collectif Burma… » Le patron pâlit soudainement. Réajustant son nœud de cravate tout en se levant de son fauteuil, il vint tapoter l’épaule de Lognon et, le toisant de toute sa hauteur, lui déclara d’un ton paterne : « Je vois que vous en savez déjà beaucoup, commissaire. Encore une fois, vous avez su montrer à quel point vous êtes un fin limier, comme l’on dit dans les romans populaires !… Et je ne peux que vous en féliciter. Mais il est aussi de mon devoir de vous avertir, et ce, tout autant afin de vous protéger que de permettre à l’enquête de se dérouler au mieux : vous touchez là à un domaine extrêmement sensible, mon brave Lognon. Comment vous dire ? Ce collectif… » Le patron fit quelques pas dans son bureau, comme hésitant à poursuivre. Puis, après avoir glissé sur le parquet avec l’aisance du danseur mondain, il se campa devant Lognon et lui dit : « Inutile de tergiverser !… Au vu de ce que vous savez déjà, autant ne rien vous cacher ! André de la Bôle n’était pas un retraité ordinaire. Connaissant ses états de service irréprochables, quelques-unes des plus hautes personnalités de la République avaient décidé de lui confier une importante mission, une mission capitale : monsieur le marquis était chargé de surveiller les agissements du collectif Burma, et même d’employer tous les moyens nécessaires pour en éliminer les membres. Oui, les éliminer Lognon. Parce que ce collectif Burma représente un immense danger, Lognon. Immense !… Mais, dites-moi, cette lettre…»

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3 Réponses to “où l’on épargne des redites au lecteur, et où celui-ci en apprend un peu plus sur le marquis de la Bôle”

  1. je renonce à prévoir mais la marquise et consorts deviennent une nécessité

  2. étant donné que l’affaire se passe en 2007, je suppose que l’affreux n’est pas encore aux commandes de la République (et qu’il s’est tiré comme un malfaisant qu’il est pour diriger les brodequins, tout en pensant quand il se rase le matin, pauvre chouchou etc etc…). Bon, de la Bôle est un style de double zéro sept, j’en suis fort aise et je le savais (à ce point là à droite j’ignorai….) (parce que copain comme cul et chemise avec le petit teigneux – il me semble, enfin je fabule, j’affabule, je délire – d’ici que le dédé at été dans les petits papiers de la future reine mère, y’a pas loin….) (ou alors de la précédente, ce qui nous procurerait une ouverture vers Jacques Martin – et comme chacun sait qu’il y a plus d’un âne etc etc…)
    Je remets dans le contexte parce que, parfois, tout ça me paraît comment dire ? complexifié ? peut-être… peut-être… On va voir.

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