où le privé Alfonsi prend conscience de la dangerosité de ses méthodes

Si la marquise était sortie de chez elle, la veille, aux environs de dix-sept heures, et vraisemblablement en réajustant cette mèche rebelle qui, elle le savait, plaisait tant à Yann-Erwann avant qu’il ne disparaisse subitement une quinzaine de jours auparavant, sans depuis prendre la peine de donner des nouvelles ou lui écrire une lettre d’adieux, Alfonsi franchit la porte du bar de l’Univers en essuyant d’un revers de main les quelques taches de café qui s’étaient répandues sur imperméable, se disant qu’il devrait se calmer, parce qu’après tout, il avait eu de la chance tout à l’heure… Ce genre de scène d’intimidation pourrait bien un de ces jours lui coûter gros. Il était grand temps d’arrêter les conneries ! D’abord, asphyxier le premier blaireau de comptoir venu à grands renforts de Gitanes filtre ne serait bientôt plus possible, il l’avait lu dans le canard, interdiction de fumer dans les bistrots à compter du premier janvier 2008, ce qui lui laissait à peine un an pour trouver un nouveau mode d’entrée en matière. Pas à dire, il s’en sortait bien… Parce que bon, si hausser la voix en roulant des mécaniques suffisait la plupart du temps pour le recouvrement de créances, cette bondieu d’histoire à la con dans laquelle l’avait embarqué le marquis désormais raccourci nécessitait une révision du protocole d’entrée en relation. Non, vraiment, il avait eu du bol, tout à l’heure. Le mec au comptoir aurait tout aussi bien pu lui coller un pétard sous le nez, ou carrément inspecter ses caries à l’aide du canon de son 357… « Non, Doumé (c’est ainsi que ses intimes l’appelaient, et par là-même occasion lui-même lors de ses monologues intérieurs), il faut que tu fasses gaffe. Des lecteurs, dans un feuilleton, il y en a de tous les styles. Forcément ! Tu as eu de la chance de tomber sur un brave type. Imagine qu’il ait fait partie du collectif Burma, le gugusse du comptoir, parce qu’il y en a forcément des gars de ce collectif qui lisent le feuilleton, c’est de bonne guerre après tout, imagine, tu serais sorti de ce rade les deux pieds devant, sans même avoir pu visiter l’appartement de Yann-Erwann… »

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Une Réponse to “où le privé Alfonsi prend conscience de la dangerosité de ses méthodes”

  1. « il était grand TEMPS d’arrêter… » et puis « tu serais sorti » (sans le e final)
    Chuis le seul à corriger ou quoi ?
    15 jours qu’il s’est tiré le (par ailleurs, vous avez quelque chose avec les mèches de cheveux, auteur, voilà la seconde du feuilleton -l’éternuement de Lassopupah, ou Tartal, je ne sais plus, aavait déjà fait bouger les cheveux, post mortem – c’est vrai qu’ils continuent de pousser, mais qaund même- de Vanessa au doigt orné d’un bijou de famille) 15 jours, or donc ?Yéyé ? Qu’est-ce que c’est que cette affaire ? Moi qui croyais que c’était lui qui avait étouffé la Vanessa ? Tant pis… (faudra trouver autre chose)

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