où la veuve, prise d’une jalousie rétrospective, débute ses investigations

Si la marquise était sortie la veille à dix-sept heures, le marquis, quant à lui, ne risquait plus de rentrer. Bientôt, même l’odeur de tabac froid dont il avait si consciencieusement empuanti l’appartement finirait par disparaître. Quant à ses livres alignés sur les rayons qui recouvraient les murs de son bureau, qui s’y intéresserait désormais ? Décidément, les hommes sont peu de choses et les sentiments aussi. J’en veux pour preuve la façon dont un simple coup de fil avait pu soudainement abolir la confiance qu’Emma avait jusqu’alors témoigné à son époux. Prise d’une sorte de jalousie posthume, elle errait à travers le bureau, telle une somnambule en plein jour, totalement perdue dans ses pensées. Qu’avait bien pu manigancer André ? Offrir un bijou de famille ! Et à une jeune femme, de surcroît… Ils étaient bien tous les mêmes : des bêtes en rut ! Et si… Non ! Il n’aurait pas osé… Non, c’était impossible ! Puisqu’il la faisait surveiller… Mais qui alors ? À moins qu’elle ne trouve parmi ses paperasses un quelconque indice. Décidément, André n’avait su ce que signifiait l’ordre. Tous ces dossiers empilés, ces feuilles volantes un peu partout… Non ! Il n’aurait rien laissé de compromettant à traîner sur son bureau. Ou alors… Mais oui ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Dans son ordinateur ! Là qu’elle trouverait peut-être un indice. Ça marchait comment, déjà ? Surtout, ne pas s’énerver ! Rester zen, comme disait sa petite nièce, Marie-Mathilde… Mais que venait-elle faire dans ses pensées, cette gamine ? Dehors, la Marie-Mathilde !… Là, se concentrer. Voilà… Le bouton marche… Après tout, elle savait s’en servir de cet engin. Du moins, un peu. Les cours qu’elle avait pris à l’université d’été de l’Association des épouses du corps diplomatique étaient d’une qualité certaine. Mes documents. Double clic ! Tout était dans le double clic ! Quel naïf, tout de même… Ne pas avoir pris la précaution d’utiliser un quelconque mot de passe ! Se sentait à l’abri parce que la prenait pour une gourde ! Ah ! Mais… on allait voir ce qu’on allait voir… Plus personne ne l’arrêterait désormais la gourde. Tiens ! Là par exemple, ce dossier BURMA… Elle allait peut-être se gêner pour l’ouvrir, hein ! Non mais, alors !… À peine eut-elle double-cliqué que la sonnette de l’entrée retentit de trois coups brefs et décidés.

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3 Réponses to “où la veuve, prise d’une jalousie rétrospective, débute ses investigations”

  1. C’est un jeu où on peut compléter ?

  2. Ah la vache, si ça se trouve, c’est même pas Vanessa qu’est crevée…
    Sont-ce trois du comité Burma qui frappent à la porte ? L’attente est insoutenable (enfin presque) (y’a mon pc qui vient de se planter t’as qu’à voir…) (si Emma de la Bôle épouse Saint Nazère ferme pas son dossier avant d’aller ouvrir, elle va m’entendre) (en même temps, pas obligée d’aller ouvrir non plus) (quoi que son éducation…) (mais sans bonne, une femme du monde n’ouvre pas c’est certain)

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