où le privé Alfonsi pénètre dans le vestibule et où l’auteur se refuse à trop en dire

La marquise, sortie à dix-sept heures etc., et, il faut bien l’avouer, peu habituée à fréquenter ce genre d’individu interlope, ne savait trop que faire, d’autant plus que son activité cérébrale, ne l’oublions pas, se trouvait quelque peu ralentie par l’usage massif de tranquillisants ingurgités pas plus tard que la nuit précédente. Aussi est-ce sans trop bien savoir pourquoi qu’elle invita ce privé du nom d’Alfonsi à pénétrer dans le vestibule, prise d’une sorte d’activité réflexe peu contrôlable : le rituel « mais je vous en prie, veuillez donc prendre la peine d’entrer », lui ayant échappé avant même qu’elle ne puisse envisager, avec tant soit peu de sérénité, les conséquences des ses paroles. Ce n’est que plus tard, quand elle prit le temps de réfléchir à tête reposée (même si, depuis le terrible accident d’André défunt marquis, cette expression lui faisait à juste titre horreur), qu’elle se rendit enfin vraiment compte (et ce pour des raisons que le lecteur ne peut encore connaître, car les lui dévoiler équivaudrait à ruiner cette entreprise feuilletonnesque) de la portée de ses quelques mots, non seulement sur son propre destin, mais aussi sur celui de Yann-Erwann… Mais nous en avons déjà trop dit, sans pour autant avoir donné l’occasion à ce pauvre Alfonsi d’expliciter les raisons de sa visite. Faisons le entrer, refuser de se débarrasser de son imperméable toujours aussi crasseux que durant l’épisode précédent, laissons la marquise lui proposer de s’asseoir dans un fauteuil (non, pas celui-ci, c’était là où le pauvre André, vous comprenez, et dans les circonstances présentes, etc.), l’autoriser à fumer s’il le désire (monsieur le marquis comme vous le savez, etc.)… Tout ceci pour qu’enfin, clope allumée, Alfonsi puisse démarrer, non sans avoir recommandé à la pauvre Emma, veuve et marquise, de bien vouloir auparavant s’asseoir: « Vous savez, j’ai longtemps hésité avant de venir vous rencontrer… »

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3 Réponses to “où le privé Alfonsi pénètre dans le vestibule et où l’auteur se refuse à trop en dire”

  1. On sait Alfonsi intègre, alors comment se fait-il qu’il ne prenne qu’une attention médiocre à ses vêtements, son apparence, l’image qu’il transmet aux autres ? Sa corsitude ? (il me reste en magasin les Basques, mais ce sera pour une autre fois) (j’aime assez les minorités) (comme on les appelle de nos jours) (ça me fait penser à besson, et ça, c’est vraiment une horreur)… nous verrons (en tout cas, merci d’avoir saisi l’opportunité offerte de la celtitude : en vérité, j’avais oublié que le marquis se prénommait André – ce qui, pourtant, était inscrit sur le billet, mais comme on n’en parle plus – à mon grand étonnement – on garde sans doute ces révélations pour le mois prochain (je compte entretenir, serais-je le seul, la flamme de ce feuilleton; si évidemment l’auteur m’y autorise – comme lui seul peut le faire ahahah…)

    • pour ma part, je me méfie d’Alfonsi (certes, beaucoup moins que de Besson…), mais bon, un privé reste un privé! quant à André, j’ai bien l’impression qu’on devrait en apprendre un peu plus sur lui dans les jours qui viennent
      (Alfonsi devrait bien nous dire la raison pour laquelle le marquis l’a engagé, etc.)
      pour info, le grand-père d’Alfonsi apparaît dans L’amie de Madame Maigret (et sachant que l’accident a eu lieu bd Richard Lenoir…)

  2. On y compte bien…

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