où la marquise peut enfin reposer son téléphone

Si la marquise est bien sortie à dix-sept heures, les deux flics venus l’avertir de la mort accidentelle de son marquis de mari remontèrent dans leur voiture une demi heure environ après son départ. Portières claquées et gyrophare magnétique replacé dans la boîte à gants, il ne leur restait plus qu’à rentrer au commissariat, doucement bercés par la radio qui chuintait. Ils ne savaient pas encore qu’il leur serait inutile de revenir le lendemain, et que ce serait par téléphone que la marquise apprendrait la mort de son mari. Inutile de vous préciser que dans un premier temps, elle ne parvint pas à y croire. Après les borborygmes et grognements du flic dérangé de sa belote (ou de son jeu vidéo) qui, toutes les deux minutes, lui demandaient de répéter les noms et prénoms de son mari, ainsi que la marque de son véhicule, et qui, à force de clics, finit par trouver trace du défunt marquis, l’inspecteur appelé ensuite à la rescousse lui débita un tel embrouillamini de circonstances aussi peu probables qu’extraordinaires qu’elle se demanda, le lendemain, à son réveil, si le récit de cette mort rocambolesque n’était pas le fruit de son imagination surboostée par de la dose massive de tranquillisants avalée afin de trouver le sommeil. « Ciel ! Quelle histoire ! »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :